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Les idéologies identitaires vues de gauche, de droite ou des extrêmes

Appel à publier

Critiquer les idéologies identitaires, c’est-à-dire différentialistes, qui fleurissent aujourd’hui dans l’enseignement supérieur et la recherche, que leur secteur soit celui de l’islamo-gauchisme, de l’indigénisme, du décolonialisme, de l’intersectionnalisme, de certaines luttes de genre ou encore de l’écriture inclusiviste, vous expose à des attaques ou à des insinuations désormais routinières depuis une trentaine d’années. Il n’y aurait là qu’inventions de la droite, et finalement de l’extrême droite : vous faites partie des légions de Satan.

Quelle évolution a donc connu le politique (et la politique) pour que ceux-là mêmes qui se disent ou se disaient de gauche, voire d’extrême gauche, se voient ainsi systématiquement rabattus sur des positions qui ne sont pas les leurs, et selon des logiques de stigmatisation et d’amalgame plutôt curieuses en démocratie ? Que signifie cette stigmatisation de « la droite », et que signifie son amalgame avec « l’extrême droite » ? Comment ceux qui se disent ou se sont dits « de gauche » ou « de droite » comprennent-ils la pénétration d’idées racistes et sexistes en tous genres chez des extrémistes qui prétendent que leurs idéologies sont « progressistes » ?

Il serait utile d’examiner les liens entre les idéologies identitaires que l’Observatoire critique et les positionnements sur une échelle politique d’ailleurs en partie discutable qui va d’un extrême à l’autre, mais aussi de préciser sur quoi reposent les stigmatisations « de droite » ou « d’extrême droite » visant à discréditer toute critique des identitarismes qui sévissent dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Ces questions importent pour réfléchir à la diffusion de nos alertes et de nos réflexions, dans un contexte où les étiquettes politiques deviennent de plus en plus problématiques, sans cesser de susciter des réactions disproportionnées, alors que les affiliations à la « gauche » ou à la « droite » s’avèrent parfois relever d’identifications passionnelles (et donc peut-être de logiques elles-mêmes identitaires en politique). En quoi les idéologies identitaires relèvent-elles ou non de ces catégories politiques qui ont-elles-mêmes une histoire à analyser ? Que penser des usages de ces mots au regard des exigences de laïcité, de liberté ou de solidarité ? Et peut-on espérer que le combat contre les identitarismes suscite un renouvellement des idées pour refonder le lien politique ?

Nous souhaitons que la rubrique comporte aussi bien des réflexions, que des prises de positions argumentées, ou des réflexions associées à des témoignages. Sont aussi bienvenues les analyses de la transformation de la configuration idéologique et politique qui mène à notre situation, sur la longue durée ou sur une durée brève, en France ou à l’étranger.

La forme est libre : à titre d’exemple, la tribune de Jean Szlamowicz, conçue indépendamment de cette rubrique, y a toute sa place, car l’humour du titre n’enlève rien à la consistance d’une pensée informée : « “Gauche-droite, piège à cons” : la preuve par le décolonialisme » (decolonialisme.fr/ ?p=2448).

Les textes brefs, de la taille d’une tribune, peuvent être de 4.000 à 8.000 signes. Des textes plus longs, de la taille d’un article, peuvent aller de 15.000 à 30.000 signes (en limitant de préférence les notes à des références bibliographiques). Les auteurs sont invités à proposer des intertitres et des images.

Laurent Loty et Véronique Taquin
laurent.loty (a) univ-paris-diderot.fr
veronique.tacquin (a) free.fr

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