Rapport de l’Observatoire

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ni encore moins un parti : nous sommes fondés à observer les discours qui selon nous manifestent une

déviance idéologique et sont propres à exercer une pression sur l’Institution dans son ensemble.

Un observatoire militant ?

L’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires est un collectif transveral d’une

centaine d’Universitaires librement associés sur la base du constat commun du délitement des

disciplines dans le Supérieur, fédérés autour d’une revue en ligne (decolonialisme.fr) dont le but est

d’ouvrir une série d’analyses sur le phénomène du « décolonialisme ». Le présent rapport est

indiscutablement un fait militant dans la mesure où il prétend à sa manière rendre compte auprès de

l’opinion de l’étendue de la pénétration des idées décoloniales dans le discours savant. Étudier la

question du racisme est légitime; en revanche, dire que la race est une donnée indiscutable de la

compréhension de toutes les sociétés occidentales est douteux. Étudier la place de la femme dans la

société est fondamental; partir du principe que la métaphore de l’invisibilisation est une donnée

incontournable de l’histoire des peuples est fallacieux.

Le militantisme de ce rapport est spécifiquement épistémique, portant sur le contrôle de la qualité

des productions universitaires - un contrôle par les pairs parfaitement légitime dans cette arène. Il ne

peut donc être confondu avec le militantisme politique dont ce rapport traque les manifestations et qui,

lui, n'a pas sa place dans les productions universitaires.

Certes l’Université a toujours été le lieu du militantisme. C’est le lieu des échanges et d’une jeunesse

ardente de voir émerger le nouveau monde des ruines de l’ancien. Mais si l’on peut admettre une

seconde qu’apprendre de son histoire consiste avant tout à ne pas reproduire les erreurs du passé, il est

désormais alarmant de constater que le militantsime décolonial n’est pas une rumeur de couloir, un

discours d’associations étudiantes mais plutôt une série de grilles de lectures

délibérément utilisées dans les thèses et les publications scientifiques. Notre démarche consiste donc à

simplement rendre compte, observer et restituer des observables : des titres d’articles, de thèses, des

résumés, des intitulés d’axes de laboratoire… autant de données collectées selon des moyens fiables,

reproductibles et méthodiquement répertoriées. Et comme le lecteur pourra facilement le constater,

notre but n’est pas de cibler des individus, mais des institutions; et de ne nommer que ces dernières.

Notre travail est celui du collectionneur et du curieux.

La liberté académique se heurte peut-être au principe de loyauté à l’Institution. Et l’Université a su,

quand il le fallait, réagir avec efficacité quand Faurisson utilisait son poste pour répandre les idées

nauséabondes du négationnisme dans l’Université. A quel esprit mal intentionné serait-il venu

d’opposer à la procédure contre lui le principe de « liberté académique » ? Son enseignement était une

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