Rapport de l’Observatoire

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transmissibles ». La Ligue des droits de l'homme a porté plainte contre elle. Une professeure de droit de

l'université d'Aix-Marseille a vu son nom publié sur les réseaux sociaux à la suite de propos qualifiés

d'« islamophobes ». Son tort ? Avoir expliqué, dans le cadre d'un cours sur les conflits de lois de master

2, que certaines religions - en l'occurrence, l'islam et le judaïsme - seraient « sexuellement

transmissibles » et avoir ajouté : « L'un des plus grands problèmes qu'on a avec l'islam, et ce n'est pas le

seul malheureusement, c'est que l'islam ne reconnaît pas la liberté de conscience. C'est quand même

absolument terrifiant. » Depuis, elle ne cesse de recevoir torrents d'insultes et menaces de mort, au

point d'avoir été placée sous surveillance policière. Deux mois après l'assassinat de Samuel Paty, la

méthode qui consiste à exposer le nom d'enseignants dès qu'un soupçon de racisme est décrété

interpelle.Pour certains observateurs, il n'est pas exclu que le contexte de préparation de la loi

séparatisme et de dissolution du CCIF soit totalement étranger au surgissement médiatique de cette

affaire. Dans un contexte de crispations manifestes autour de la liberté de débat à l'université, les

développements de ce nouveau dossier pourraient bien donner lieu à des débats tout à fait intéressants

entre liberté d'expression et liberté religieuse. « Je n'ai pas choisi entre liberté d'expression et liberté

religieuse, j'ai choisi de demander au parquet de sanctionner un abus de la liberté d'expression », répond

au Point Michel Tubiana. Pas sûr que cet argument suffise à éloigner les menaces qui, elles, ne

s'encombrent pas de telles subtilités.

Dénonciation publique et campagne pour la démission denseignants à

lIEP de Grenoble

En janvier 2021, suite à un débat interne sur un projet de colloque antiraciste à lInstitut d’études

politiques de Grenoble, une campagne de dénonciation publique incrimina deux professeurs, et des

affiches anoymes proclamèrent à lentrée : « Des fascistes dans nos amphis Vincent Tournier [...] et

Klaus Kinzler démission ! Lislamophobie tue ». Le syndicat étudiant du lieu diffusa tout cela sur les

réseaux sociaux et demanda des sanctions contre eux, de même que le syndicat Unef local.

Lun deux en effet avait osé dire que lantisémitisme ne pouvait être mis sur le même plan que

lislamophobie, et lautre avait eu laudace dopiner. Or lantisémitisme menace des personnes, alors que

la critique de lislam touche une religion et la critique de lislamisme ses déviations meurtrières. Affirmer

que la critique de l'islam est une atteinte contre les musulmans ou assimilés, c'est confondre toute

critique de l'islamisme et même de l'islam (ce qui relève de la liberté d'opinion) avec une attaque contre

des croyants : c'est là une négation des principes mêmes de la laïcité et de la liberté individuelle.

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