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« Nation apprenante »: faut-il débrancher Lumni?

Beaucoup de contenus woke ou douteux sont présents sur la plateforme https://www.lumni.fr/ qui a été conseillée à tous les élèves, de la maternelle au lycée, pendant le confinement. « Plateforme éducative » proposant de nombreuses ressources pédagogiques, https://www.lumni.fr/ arbore le label « Nation apprenante », c’est un service construit par le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Culture en partenariat avec les médias publics:

Lumni est l’offre de tous les acteurs de l’audiovisuel public (Arte, France Médias Monde, France Télévisions, INA, Radio France et TV5Monde) au service de l’éducation pour les élèves, les étudiants, les enseignants et les éducateurs. Cette offre inédite, gratuite, expertisée et sans publicité donne accès à la culture, au savoir et à la connaissance pour tous les enfants de 3 à 20 ans et couvre l’ensemble des disciplines scolaires de la maternelle à la terminale. Tous les programmes sont indexés par niveau, matière et thématique.
Avec plus de 12 000 vidéos, audios, jeux, dossiers, ce catalogue propose:
– aux élèves et étudiants, seuls ou accompagnés, de développer leur culture générale, de prolonger leurs cours, de comprendre le monde en apprenant autrement et de devenir des citoyens éclairés capables de décrypter l’actualité;
aux enseignants, d’enrichir et de préparer leurs cours;
– aux éducateurs, des ressources pour animer leurs ateliers.
Avec une proposition éditoriale adaptée à chaque univers, Lumni enrichit régulièrement son offre avec des séries webnatives, des cours, des jeux, des quiz, ainsi que des programmes et des opérations à forte valeur éducative.

[présentation du site sur la page d’accueil https://www.lumni.fr/]

– Les enfants sont censés pouvoir y accéder seuls. Il suffit à des élèves de primaire un peu curieux de cliquer sur les ressources pour le collège et le lycée, et ils auront accès à des contenus qui ne leur sont pas destinés. Cela est d’autant plus grave que certains de ces contenus sont vraiment problématiques. Par exemple la vidéo « Sexotuto » sur « les orientations sexuelles », destinée aux élèves de 5e, et « déconseillée aux moins de 10 ans », mention qui incitera les plus jeunes à la visionner plutôt deux fois qu’une! Il faut écouter à partir de 3’57 le ton hyper-convaincu mais très peu naturel de l’animateur quand il dit: « C’est comme parfois au sein de notre propre famille, nos propres parents sont dans l’incompréhension, et ça devient tellement difficile de trouver quelqu’un de confiance à qui en parler. Heureusement que les associations LGBTQI+ existent!« … Tu m’étonnes!

– Bizarrement, les étudiants sont inclus dans ce dispositif (qui n’a rien d’universitaire) et considérés comme des enfants (« tous les enfants de 3 à 20 ans »!).

Quelques exemples:

Au primaire, on enseigne aux enfants de CM2, dans le cadre de l’enseignement moral et civique, qu’il existe en France « une islamophobie ambiante« : https://www.lumni.fr/dossier/comment-parler-du-racisme-et-de-la-discrimination-aux-enfants
De même, en 3e, le cours sur le racisme prend soin de mettre sur le même plan antisémitisme, islamophobie et homophobie: https://www.lumni.fr/video/c-est-quoi-le-racisme
Puis piqûre de rappel en classe de 2de, avec la vidéo « Comment le 11-Septembre a changé le monde? » qui indique en guise de conclusion, sous le titre « la montée de l’islamophobie« , que depuis le 11 septembre, « la haine antimusulmane n’a cessé d’augmenter »…

En seconde, on suivra un cours de SVT sur la domination masculine: https://www.lumni.fr/video/la-domination-masculine

« La question de la domination masculine, c’est-à-dire du patriarcat, est universelle. En revanche, la question du matriarcat n’existe pas. Pourquoi? Les explications de l’anthropologue Corinne Fortier. »

https://www.lumni.fr/video/la-domination-masculine

En CE2, il n’est pas trop tôt pour farcir le crâne des gosses avec l’écriture inclusive et les théories complotistes fumeuses d’Éliane Viennot sur l’histoire de la langue française: voici deux vidéos pour ce niveau « C’est quoi l’écriture inclusive?«  mais aussi « Pourquoi le masculin l’emporte sur le féminin?« 

Et en 6e, on remettra une couche en faisant appel au grand linguiste internationalement réputé Jamy, qui vulgarise Viennot: « Qu’est-ce que l’écriture inclusive?« 
En conclusion de cette vidéo, publiée sur la plateforme Lumni le 10 septembre 2021, Jamy explique:

« L’écriture inclusive n’est pas obligatoire, ni à l’école, ni ailleurs, mais elle est encouragée par le Ministère de l’égalité entre hommes et femmes […] Alors, être inclusif ou ne pas l’être? Pour l’heure, à chacun de choisir et de savoir jusqu’où il peut aller. »

https://www.lumni.fr/video/qu-est-ce-que-l-ecriture-inclusive

Ces informations sont totalement fausses: non seulement l’écriture inclusive n’est pas obligatoire, mais elle est proscrite par la circulaire ministérielle du 5 mai 2021 selon laquelle: «Dans le cadre de l’enseignement, la conformité aux règles grammaticales et syntaxiques est de rigueur. […] En premier lieu, il convient de proscrire le recours à l’écriture dite « inclusive »».

Comment une plateforme pédagogique émanant du Ministère de l’éducation nationale peut-elle violer délibérément les instructions du Ministre? Est-ce pour « savoir jusqu’où on peut aller »?

En 4e, le cours d’enseignement moral et civique distingue « Ces femmes qui ont changé l’histoire » et qui sont offertes en modèle. Mais « ces femmes » ne sont pas forcément nées dans un corps de femme: « je suis née dans un corps de garçon, mais aujourd’hui je suis une femme » [https://www.lumni.fr/video/laverne-cox]

Et pour les étudiants, qu’est-il proposé? Par ex. un « Entretien avec le MAG Jeunes LGBT+ Conseils et accompagnement« :

pour Omar Didi, la normalisation des personnes LGBT doit commencer dès le plus jeune âge à travers une société plus inclusive, notamment dans les livres jeunesse où le couple hétérosexuel est la norme.  

https://www.lumni.fr/video/entretien-avec-le-mag-jeunes-lgbt

Inutile de multiplier les exemples, c’est truffé de contenus woke inclusivistes. Mais nous avons gardé la découverte la plus étrange pour la fin. Il s’agit d’un contenu étiqueté « Bien être et santé » et destiné aux étudiants:  « Pourquoi éprouve-t-on le besoin de se mettre en couple? Comment faire durer son couple? »
Après des considérations scientistes sur les primates, arrive la conclusion:

Cependant, certaines différences qui rendent les partenaires complémentaires peuvent contribuer à un couple stable et durable. Des études ont ainsi montré qu’un couple hétérosexuel avait plus de chances de durer lorsque la femme est extravertie, sociale et stable émotionnellement. Et que l’homme, au contraire, est plus introverti et fragile d’un point de vue émotionnel.

Est-il admissible de s’adresser à des étudiants en utilisant comme argument d’autorité « des études ont ainsi montré que », sans aucune référence permettant d’accéder auxdites études? Mais quelle représentation de l’étudiant se fait la plateforme Lumni? Ah oui, c’est vrai, c’est indiqué en page d’accueil: « les enfants de 3 à 20 ans ».

Quant au fond, c’est consternant. L’idéologie des femmes fortes réclame des hommes fragiles. Mais il ne suffit pas d’inverser de prétendus « stéréotypes » pour obtenir des vérités scientifiques, ni le secret du bonheur. Au fait, pourquoi diable un site internet fabriqué par les services des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture se donne-t-il comme objectif d’apporter aux étudiants des recettes de « bien être » et du conseil conjugal?

Il paraîtrait raisonnable de débrancher cette plateforme en attendant révision, et mise en conformité par exemple avec la circulaire du 5 mai 2021 sur l’écriture inclusive.

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