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Salman Rushdie est également victime de « l’islamo-complaisance »

[par Renée Fregosi, extrait avec son autorisation de Penser Salman Rushdie, Coordonné par Daniel Salvatore Schiffer, Éditions de l’Aube Sortie le 10 novembre 2022]

L’ennemi emblématique désigné de l’islamisme

En 1989, l’injonction faite aux « vrais croyants » de tuer Salman Rushdie et tous ses complices illustrait on ne peut plus clairement ce qu’il en était de l’offensive néo-islamiste mondiale. Depuis 1979, les signes de la montée de l’intégrisme musulman s’étaient multipliés mais c’était surtout les attentats terroristes (dont les commanditaires n’étaient pas toujours bien indentifiés) qui frappaient les esprits et les démocraties ne semblaient pas comprendre le phénomène polymorphe global, en cours de développement. Alors que cette même année 1989 était marquée en France par l’affaire des collégiennes voilées de Creil, dite de façon euphémistique « affaire du foulard », les réactions pour s’opposer à ce qu’on appelait à l’époque « la monté de l’intégrisme musulman », faisaient dramatiquement défaut, et les soutiens à Salman Rushdie ont été fort peu nombreux. 

Aujourd’hui, l’offensive islamiste djihadiste « salafo-frériste » ne peut plus faire de doute. Et l’agression assassine contre Salman Rushdie qui répond tardivement au premier appel islamiste à tuer les « impies » hors des « terres d’islam », s’inscrit désormais dans une longue litanie d’attentats et d’assassinats perpétrés pour ce motif à travers le monde au nom « d’Allah le très grand ». Le think tank français Fondapol recense entre 1979 et mai 2021, « 48 035 attentats islamistes dans le monde, qui ont provoqué la mort d’au moins 210 138 personnes », et leur augmentation est exponentielle : « 1979-2000 : 2 194 attentats et 6 817 morts ; 2001-2012 : 8 265 attentats et 38 186 morts ; 2013-mai 2021 : 37 576 attentats et 165 135 morts »1.

Á travers les individus massacrés par les islamistes, c’est la libre pensée et la libre disposition de son corps qui sont visés, autant de problématiques soulevées bien sûr par Les versets sataniques. Parodier de « saintes écritures », moquer l’hypocrise puritaine d’un prophète débauché ou simplement poser d’éternelles questions métaphysiques et existentielles sans réponse absolue, autant de propos inadmissibles pour une orthodoxie combattante, rejetant tout autant l’humour que le doute et la critique. Au-delà de l’Occident, de son humanisme et de son universalisme, c’est la culture émancipatrice en général qui est la cible. De l’extermination de l’intelligentsia algérienne par le GIA aux enfants assassinés dans leurs écoles au Pakistan, des Bouddhas de Bâmiyân aux manuscrits précieux de la mosquée de Tombouctou, du musée du Pardo à Tunis aux monuments de Palmyre, c’est l’éveil des consciences au libre examen et au libre choix qui est réprouvé comme tous les plaisirs des sens, les images, la musique, la dance, jusqu’à la beauté des paysages, et ceux du sexe dans tous ses émois évidemment.

Car, on le rappelle souvent, les musulmans sont les « premières » victimes de l’islamisme, ce qui est indéniable du point de vue du nombre : « Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Asie du sud et l’Afrique subsaharienne ont concentré 95,7 % des attentats islamistes entre 1979 et mai 2021 »2. L’offensive islamiste mondialisée comporte en effet deux volets dont le premier consiste dans la réislamisation du monde dit musulman, prônée à l’origine par Hassan al-Banna dès les années 20. Contre la modernité incomplète imposée par le colonialisme occidental puis le kémalisme et les nationalismes arabes, les néo-islamistes inspirés notamment par Sayyid Qutb, l’ayatollah Khomeini ou Youssef al-Qaradawi réactivent un islam traditionnel rigoriste et alimentent une nouvelle mystique de la conquête conçue à la fois comme une reconquête y compris territoriale des espaces historiques des différents califats (dont Israël bien sûr) et comme une expansion planétaire à travers la diffusion des grands principes de la Charia. Des spécialistes comme Gilles Kepel3 ou Michaël Prazan4 ont parfaitement explicité cette logique totalitaire qui vise donc également l’Occident. 

Le second objectif de l’offensive islamiste consiste ainsi dans une islamisation de l’Europe et tout particulièrement de la France, ancienne puissance coloniale et terre d’une immigration musulmane importante. Il ne s’agit pas ici de convertir à l’islam l’ensemble des populations mais de travailler les mentalités en général et les décideurs, afin d’en faire admettre les grands principes intégristes : la reconnaissance comme crimes du blasphème et de l’apostasie, la séparation des sexes, le communautarisme induisant des droits distincts entre les individus, le voilement du corps des femmes, l’interdit des mariages mixtes sans conversion préalable à l’islam, l’adoption systématique des tabous alimentaires dans les cantines collectives… Pour cela les islamistes usent à la fois de la manipulation de segments de la population immigrée, de l’action de leurs idiots utiles5, de la persuasion par l’infiltration institutionnelle, et de la stratégie de la tension par la violence. 

En France on connaît ainsi régulièrement une succession d’assassinats et d’attentats contre des personnes juives considérées par les islamistes comme l’ennemi ancestral des musulmans, de journalistes, d’enseignants, de gens libres de jouir des plaisirs de la vie dans les rues et les cafés, ainsi que la multiplication des dégradations de lieu de cultes et de cimetières juifs et chrétiens. Et on constate par ailleurs tous les jours la diffusion « douce » tous azimuts de l’idéologie des Frères musulmans. Pourtant un grand nombre de responsables politiques s’obstine encore à la nier ou à la minimiser et la tentative d’assassinat de Salman Rushdie n’a pas suscité un soutien franc et massif de la part de tous les démocrates. Certes, en France, « la classe politique condamne »6 mais nombre d’élus et de représentants de la société civile esquivent encore en préférant parler de « fanatisme », « d’obscurantisme », de « menace permanente »7 plutôt que de désigner clairement l’ennemi islamiste.

Les idiots utiles de l’islamisme

Depuis l’attentat spectaculaire d’Al Qaïda sur les Tours jumelles en 2001, alors que le djihad se manifestait à la face du monde dans toute sa portée, une certaine gauche s’est fait clairement l’idiote utile de l’islamisme : poursuivant son soutien aveugle de longue date à « la cause palestinienne », la gauche de la gauche politique et intellectuelle défend systématiquement les revendications de l’islam politique sans se soucier de leur caractère anti-démocratique, antirépublicain, sexiste et antisémite, ni même de leur violence terroriste. 

Jean Baudrillard8 ou Jacques Derrida9 ont quasiment justifié les attentats du 11 septembre 2001 et Noam Chomsky10, ceux de janvier 2015 à Paris. Hors de question pour eux de prendre la défense d’un Salman Rushdie, qu’ils auraient facilement qualifié de traître de la même façon que Boualem Sansal, Kamel Daoud ou Zineb el Rhazoui sont aujourd’hui insultés et traités de « supplétifs indigènes » 11des réactionnaires « néocoloniaux ». Car les intellectuels « d’origine musulmane » sont assignés à la religion musulmane et sont conspués lorsqu’ils proclament leur athéisme ou même leur opposition aux versions fondamentalistes de l’islam. Alors qu’ils sont en danger de mort, accusés par les islamistes de blasphème et d’apostasie, leurs critiques de l’islamisme ou leur simple revendication de la liberté de conception de l’islam sont considérées par cette gauche-là comme des manifestations « d’islamophobie » et de racisme.

L’islamo-gauchisme, défini par Pierre-André Taguieff12, assimile en effet l’islamisme à l’islam, l’islam aux populations immigrées maghrébines et africaines, et les immigrés aux nouveaux « damnés de la terre ». Et en cela, l’extrême gauche entre absolument dans le jeu des islamistes eux-mêmes en lutte contre les sociétés occidentales. Retrouvant la logique des « avant-gardes » minoritaires qui réalisaient la « jonction avec le peuple » en investissant des mouvements nationalistes de masse cette gauche considère désormais volontiers les mouvements islamismes comme un cheval de Troie pour sa propre stratégie anticapitaliste. L’islamisme est pour eux un allié « objectif » contre l’Occident honni, dans une haine de soi qui rappelle celle qui animait hier les marxistes bourgeois rachetant leur faute d’appartenance sociale honnie en allant convertir les masses prolétariennes jusqu’à « l’établi » des usines.

On connaît également l’islamo-clientélisme de droite comme de gauche qui, pour engranger des voix de Français d’origine immigrée, prône le « pas de vague » et le « rien à voir avec l’islam » et qualifie aussitôt les assassins islamistes de « loups solitaires » et de « déséquilibrés ». Céline Pina13 l’a bien décrit. On dénonce moins une autre forme d’islamo-complaisance tout aussi coupable, l’islamo-négligence qui minimise la dangerosité de l’islamiste : l’islamisme serait un phénomène secondaire, voire négligeable au regard de la menace de l’extrême-droite. Une variation de ce type de position consiste dans l’invention de « la tenaille identitaire ». Les renvoyant dos-à-dos, accusées ensemble de s’entretenir mutuellement, les deux menaces sont présentées comme antagonistes et symétriques, et le supposé danger que représenterait l’extrême-droite fait dans cette vision « équilibrée » immanquablement pendant aux assauts islamistes bien réels. 

Pourtant c’est l’islamisme qui appelle à se « venger » des prétendues offenses à l’islam formulée par Salman Rushdie et tente de l’assassiner. C’est l’islamisme qui tue, persécute et terrorise les musulmans non conformes, les Juifs, les chrétiens, les Yézidis, les apostats, les athées, les libres penseurs et tous les vecteurs de la liberté d’expression. Pas tant les groupuscules néo-nazis lorsqu’il en reste. La menace constante sur l’existence de l’État d’Israël et sur la vie des Israéliens, c’est l’extrémisme musulman avec ses roquettes, ses assassins au couteau et la recherche de l’arme nucléaire. Plus tant les alliés nazis du nationalisme arabe d’hier. L’ennemi en première ligne contre la laïcité aujourd’hui, c’est l’islamisme. Moins l’extrême-droite devenue populiste qui en a même fait sa nouvelle mascotte.

Quant à l’argument du « faire le jeu de l’extrême-droite » en refusant de dénoncer les exactions islamistes ou en usant de la rhétorique de l’excuse sociale et coloniale, il est d’autant plus fallacieux que les vrais alliés de l’extrême-droite héritière de l’antisémitisme nazi et du pétainisme rétrograde et misogyne ce sont précisément les islamistes. Plutôt que de s’opposer, les islamistes et la frange la plus réactionnaire de la droite catholique n’étaient-ils pas unis dans la lutte contre le mariage homosexuel ? Le retour au sein des sociétés occidentales « libérées », d’un certain conservatisme prude et oppressif notamment pour les femmes, ne serait-il pas d’ailleurs dû en grande partie à la convergence entre la pression qu’exerce l’islamisme et de vieux courants religieux traditionnalistes et intégristes qui de ce fait, retrouvent vigueur ? Leur « réaction » commune étant il est vrai, favorisée par l’extrémisme délirant du wokisme militant, lui-même paradoxalement très puritain. 

« L’islamo-nazisme » est d’ailleurs une constante historique, du grand mufti de Jérusalem proposant à Hitler la formation d’une division SS musulmane, aux anciens nazis, pour certains convertis à l’islam, accueillis chaleureusement après 1947 par les régimes arabes au Moyen-Orient pour lutter contre le jeune État d’Israël. L’alliance islamisme-extrême droite se poursuit aujourd’hui en Amérique latine par exemple où le Hezbollah est tout autant lié à d’anciens partisans des dictatures des années 70 qu’aux régimes castristes de Cuba ou du Venezuela. C’est aussi le même antisémitisme qui anime les négationnistes nostalgiques du nazisme que Dieudonné invitait volontiers à ses meetings-spectacles dénonçant par ailleurs la fameuse « islamophobie ». 

Mais au sein de la gauche et de l’écologie politique, on s’engage en faveur du burqini dans les municipalités ou en faveur du voile à l’université, au sein d’associations sportives on tente d’imposer le hidjab sur les terrains de jeu et dans l’athlétisme féminin, au sein d’associations humanitaires promouvant le « vivre ensemble » on acquiesce  aux pratiques d’un islam intégriste, et jusqu’au cœur d’associations de défense de la laïcité on défait les principes laïques au nom d’une laïcité « ouverte » fondée sur la « liberté religieuse » et non plus sur la liberté de conscience. L’école bien sûr, mais aussi les autres services publics et l’appareil d’État font partie des enjeux de l’entrisme islamiste. On le voit ainsi à l’œuvre à la Fondation de l’islam de France qui sous couvert de laïcité banalise l’expansion de l’islam en France.

Comment face à ces réalités, des gens de gauche, défenseurs de la démocratie, de la laïcité, des libertés publiques et individuelles ne considèrent-ils pas que l’islamisme est la menace la plus immédiate ? Certes, il faut saluer l’engagement anti-islamiste « d’intellectuels de gauche » comme Jacques Julliard ou Georges Bensoussan ainsi que de quelques figures très minoritaires comme Manuel Valls désormais hors-jeu. Mais malgré des pans entiers de l’ancien électorat socialiste désillusionné, réfugié dans l’abstention ou même passé au RN, les dirigeants de cette « gauche zombie »14 comme l’appelait Laurent Bouvet, mais aussi de nombreux militants laïques qui n’ont pas actualisé leurs analyses, persistent à ne pas s’engager résolument contre l’offensive islamiste.

« Le nouveau Parti socialiste » rompant en 1971 avec la ligne de la défunte SFIO, n’avait jamais été très allant pour défendre les principes laïques. Et il s’est montré particulièrement rétif à lutter contre les nouveaux ennemis de la laïcité que sont les islamistes lorsqu’ils commencèrent clairement à tester les défenses républicaines à partir de 1989. Pour finir, le candidat calamiteux du PS à la présidentielle de 2017 était un parfait représentant de l’islamo-gauchisme. Mais c’est aussi l’islamo-complaisance clientéliste et surtout l’islamo-négligence culpabilisante des divers secteurs de la gauche démocratique, qui affaiblit la lutte contre l’islamisme. Ainsi, les expressions alambiquées ou édulcorées de la gauche institutionnelle partisane et journalistique après la tentative d’assassinat de Salman Rushdie étaient-elles aussi scandaleuses que tristement prévisibles.

La langue de l’islamisme et la dhimmitude

L’utilisation de l’expression « ouvrage controversé » employée par l’Agence France presse15 et reprise sans broncher par nombre de médias et de responsables politiques français, est tout à fait symptomatique d’une islamo-complaisance que l’on pourrait assimiler à de la soumission de Dhimmis. Pour ne pas courroucer les islamistes, il conviendrait de faire montre d’une certaine réprobation à toute remise en cause de la religion musulmane, aussi poétique, métaphorique ou même supposée, soit-elle. Car les Occidentaux vivent désormais eux aussi sous la menace et dans la peur des représailles djihadistes. Mais s’ils croient pouvoir les éviter par la manifestation systématique d’une complaisance à l’égard de l’intégrisme islamiste, c’est ne rien avoir compris à la logique conquérante de ce mouvement politico-religieux : quoi que l’on fasse pour les contenter, les combattant de « la vraie foi » tentent d’avancer et d’imposer leur domination sur les esprits et les corps de tous.

Car, l’idéologie islamiste s’immisce de multiples façons et conditionne aussi les individus à leur insu. Comme la « langue du IIIème Reich »16, le vocabulaire de l’islamisme se diffuse en population générale. Rapportant les propos de Ramin Parham, un ancien militant iranien d’extrême gauche un temps fasciné par la révolution khomeyniste puis réfugié en France, Michaël Prazan note que la condamnation à mort de Salman Rushdie a « fait entrer le mot de « fatwa » dans le vocabulaire et les dictionnaires » et constitue un « prodigieux moyen de communiquer à moindre frais ». « Cette fatwa est diffusée par les médias, la technologie et la culture occidentales, propageant la terreur incarnée par l’Iran : terreur depuis lors intériorisée, et qui va se sédimenter petit à petit, jusque dans les recoins de tous les comités éditoriaux du monde occidental. Á partir de là, chaque journal se posera la question des conséquences avant d’écrire quoi que ce soit qui touche à l’islam et à ses lois »17. On touche là un point essentiel de la dhimmitude : la transformation d’une imposition en servitude volontaire.

La dhimmitude est ce statut subalterne de populations sous domination musulmane, opprimées en raison de leur sexe ou de leur non appartenance à « la communauté des croyants » c’est-à-dire les musulmans. Les femmes, considérées comme inférieures et impures de par la volonté divine, sont soumisses aux hommes et leur doivent obéissance sous peine de châtiments allant jusqu’à la peine de mort par lapidation. Les Juifs et les Chrétiens vivant en « terre d’islam » n’y sont tolérés que s’ils acceptent leur condition humiliante et les taxes qui y sont afférentes, et encore sont-ils toujours sous la menace de mauvais traitements sporadiques ou d’expulsion brutales sans autre motif que l’humeur des musulmans. L’imposition de la dhimmitude n’est pas une réaction à une quelconque agression mais une injonction de l’islam conquérant et son système est à nouveau d’actualité dans l’offensive néo-islamiste mondiale.

Alors, reculer sur les principes laïques qui fondent la République française comme sur les mœurs sécularisées adoptées en général par toutes les sociétés occidentales (individus libérés de l’emprise religieuse dans ses choix de vie), ne constitue pas un modus vivendi « raisonnablement accommodant » avec l’islam. Il est tout à fait illusoire et donc déraisonnable de croire que l’intégration des interdits de l’islam rigoriste dans nos sociétés et a fortiori dans notre droit, favoriserait une modération de l’islamisme : tout au contraire, interprété comme un signe de faiblesse, les islamistes poussent plus avant leurs exigences et accroissent leur influence. Non seulement il ne convient pas de jouer au plus fin avec l’islamisme mais encore faut-il en déjouer vaillamment tous les pièges.

La banalisation du voilement des femmes est certes emblématique des progrès de l’islamisme dans les pays dits « musulmans » comme en Occident. Mais c’est sans doute la partie la plus visible de l’offensive, le chiffon rouge en quelque sorte, que les islamistes agitent pour dissimuler l’ampleur de leur offensive tous azimuts. La pression pour faire condamner le blasphème dans les droits positifs des différents États prétendument laïques ou non, comme l’exige la Charia, est un autre but essentiel des islamistes. Ils sont parvenus à leur fin dans les pays dits musulmans même lorsqu’ils s’affichent laïques ; ainsi en est-il de l’Autorité palestinienne de l’OLP lorsqu’elle emprisonne et torture le jeune Waleed Al-Husseini accusé d’être un blasphémateur18, ou en Égypte du général al Sissi qui persécutent les jeunes, les démocrates et les Chrétiens pour blasphèmes19.

Certains pays anglosaxons qui ont conservé dans leurs droits le délit de blasphème, tombé cependant en désuétude, se retrouvent aujourd’hui fragilisés face aux pressions islamistes pour faire condamner toute expression qu’ils jugent attentatoire à l’islam ou à son prophète Mahomet. Cette tradition anglosaxonne a sans doute joué également en défaveur de Salman Rushdie. Mais en France, où le supplice du Chevalier de la Barre en 1766 avait fortement marqué les défenseurs des Lumières, l’abolition de crime de blasphème a été un des enjeux de la Révolution de 1789 et depuis lors un marqueur de la République. Il est donc d’autant plus choquant d’y constater la faiblesse du camp des soutiens de Salman Rushdie accusé de blasphème par les assassins islamistes.

Contre le totalitarisme du troisième type qu’est l’islamisme, la mobilisation se doit d’être générale, et massif doit être le soutien à toutes les cibles des djihadistes comme l’est Salman Rushdie. La gauche laïque et démocratique doit sortir de sa réserve et ne plus redouter d’être assimilée à certains anti-islamistes qui ne seraient pas fréquentables à cause de leur appartenance politique ou de leur supposé tropisme anti-Arabes ou antimusulmans. Salman Rushdie est un symbole de la résistance à l’islamisme et de la lutte contre la dhimmitude. Il doit être défendu en tant que tel sans pusillanimité, sans euphémisme ni « controverse », que l’on apprécie ou pas son style littéraire !

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