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Cette semaine, on a annulé… (épisode 3)

Retour sur les progrès de la Cancel Culture, avec la Revue de presse de l’Observatoire du décolonialisme du 1er au 7 février 2021

Cette semaine, on a annulé:

Retrouvez toutes ces infos et beaucoup d’autres sur la Revue de presse de l’Observatoire du décolonialisme du 1er au 7 février 2021

# Fahrenheit 451

À l’heure où l’Université de Princeton envisage la «destruction» du champ des études antiques, jugées trop blanches par la Cancel Culture, l’Observatoire du décolonialisme vous offre la lecture de ce poème de Rainer Maria Rilke:

TORSE ARCHAÏQUE D’APOLLON

Nous n’avons pas connu sa tête inouïe,
où mûrissaient les prunelles. Mais
son torse rayonne encore comme un candélabre,
où son regard, d’une source plus reculée,

se dresse et luit. Sinon, l’arc de la poitrine
n’aurait pu t’éblouir, et de la calme torsion
des lombes ne pourrait monter un sourire
à ce centre qui portait le sexe.

Sinon, cette pierre mutilée et raccourcie
ne serait pas debout sous la chute transparente des épaules,
elle n’aurait pas ce flamboiement de pelage félin,

elle ne rayonnerait pas hors de toutes bornes
comme une étoile : car il n’est aucun point de sa surface
qui ne te regarde. Il faut changer ta vie.

Rainer Maria RILKE (traduit par Jean Starobinski)
source: M. Gagnebin et Chr. Savinel (dir.), L’Image récalcitrante,
Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2001, p. 70-71.