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Lettre d’information 13 mars 2021

Edito

L’affaire de l’IEP de Grenoble révèle au grand jour la série de mensonges qui entoure la vie dans l’Enseignement Supérieur aujourd’hui. Les masques tombent, et l’on voit aujourd’hui au grand jour ce que nous vivions depuis des années: la montée d’une intolérance, fondée sur une représentation biaisée de l’Université et de son rôle supposément sociétal, portée par des chercheurs dont parfois toute la carrière se résume à avoir été étudiant puis aussitôt recruté « Chercheur » – sans rien connaître du secondaire ni de la fonction publique. On voit aujourd’hui de quel côté est la dénonciation, la calomnie, la pratique du « blacklisting »… L’affaire de l’IEP, l’inertie des collègues à réagir, l’absence de réaction des Institutions au parfum d’amertume.  [Lire la suite]

Au même moment, à Sciences Po Paris: on songe à l’avenir mais à la façon de l’Ancien Monde. C’était il y a quelques mois. Nous apprenions la démission d’Olivier Duhamel de la Présidence de Sciences Po Paris, et dans la foulée, de celle de Frédéric Mion. Sciences Po décapitée: la France entière dénonçait l’entre-soi d’un système incompréhensible, fermé et opaque. Un univers douteux, un territoire perdu en somme: un de plus. Mais la crise passée, tout était fini et le Phénix renaîtrait de ses cendres, c’était promis, juré – plus jamais ça !

Et patatras ! Il semblerait que dans la logique de l’Institution, le contraire « d’opaque » soit « encore plus opaque ». Et de l’entre-soi, voilà que le cercle se referme un peu plus et que l’on passe à la vitesse supérieure de l’entre-soi: l’hyper-entre-soi. [Lire la suite]

«Ceux qui ont une aversion à l’égard d’un certain nombre de pratiques de l’islam, contrairement à ce qu’ils disent, ce n’est pas au nom de la défense des femmes, des gays, de la laïcité, c’est exactement l’inverse : plus on est hostile à l’islam, plus on est hostile aux femmes, aux gays, etc.» Nonna Mayer pressentie pour la Présidence de la FNSP, en 2019, dans un interview pour Libération.Nonna Mayer, en 2019, dans un interview pour Libération.


L’observatoire devient hebdomadaireDésormais, nous essaierons de publier les articles de nos contributeurs le vendredi matin ! Nos articles ont pour but de fournir des outils pour lire l’actualité avec un regard différent.
Quoi lire, alors ?

On lira la traduction par Serge Niémetz de  l’Interview à la radio Deutschlandfunk, Wolfgang Thierse (SPD) sur la politique d’identité, 25 février 2021 : “La politique identitaire de la droite mène à l’exclusion, à la haine et à la violence, la politique identitaire radicale actuelle de la gauche à la cancel culture, a déclaré à DLF Wolfgang Thierse, ancien président du Bundestag (SPD). Une société pluraliste ne saurait fonctionner que si les points de vue différents peuvent s’y exprimer […] J’observe ceci : nous vivons dans une société véritablement plurielle – d’un point de vue ethnoculturel, idéologico-religieux, socio-culturel. Cette coexistence ne fonctionne que si d’abord nous acquiesçons à cette diversité, si nous l’acceptons – cela ne va pas de soi – et si, en même temps, nous faisons l’effort de travailler sur le « nous », sur ce que nous avons en commun, ce qui nous unit.”
On lira la retranscription intégrale de l’échange d’un membre de l’Observatoire avec Sandra Laugier sur le plateau de LCP : Les Propos de Sandra Laugier, LCP, « Genre, race : la dictature des identités ? » | Ça Vous Regarde – 05/03/2021. : “je ne crois pas du tout à ce que je viens d’entendre, je crois que toutes ces générations sont universalistes et elles considèrent que ce qui se dit universaliste est en réalité un modèle hypocrite et archi-faux. Par exemple on va dire c’est universaliste on ne fait pas différence entre par exemple les blancs et les noirs ou les personnes .. mais en réalité il y a d’énormes différences sociales, ils sont dans des situations sociales très différentes, exactement comme les hommes et les femmes, il y a effectivement des hommes et des femmes, personne ne va le nier”.

Sur un plan international encore, on lira ou relira l’excellent texte de François Rastier – en version intégrale – consacré aux Tyrans décoloniaux: “Plus d’un demi-siècle après la fin des colonisations, du moins des colonisations occidentales, le décolonialisme, idéologie développée au siècle suivant, connaît un essor remarqué. Bizarrement, il n’évoque presque jamais la part des courants anticolonialistes et internationalistes. On lit ainsi que le XIXe siècle aurait été celui de l’esclavage, alors qu’il fut celui des abolitions, souvent du fait des colonisateurs eux-mêmes. Peu importe cependant la réalité historique, dès lors qu’il s’agit de « décoloniser les imaginaires » selon la formule partout reprise de Achille Mbembe, auteur de La postcolonie.
 “Coloniser c’est mal. Or éduquer: c’est coloniser les esprits. Donc éduquer c’est mal.”
À ce sujet, on peut relire en version intégrale le texte de Xavier-Laurent Salvador initialement paru dans le Point intitulé: Le décolonialisme, cet autre virus qui frappe la France.
La récente polémique sur l’islamo-gauchisme à l’université a eu le mérite de mettre sur le devant de la scène intellectuelle la question de la «militantisation» de l’enseignement et de la recherche, pour tenter un néologisme rendu hélas nécessaire par la réalité de ce qui est en train de se produire sous nos yeux: l’emprise croissante d’un militantisme dévoyé, qui tend à transformer les salles de cours en lieux d’endoctrinement, et les publications en tracts. Nathalie Heinich revient sur ce phénomène dans La militantisation de la Recherche et ses ravage, à lire ici !

Un excellent texte de la Philosophe Édith Fuchs : L’Histoire à reculons. : “Plût au ciel que, sous Vichy, les résistants et les individus « d’origine étrangère » comme on disait, se soient trouvés sous des cieux tels que les nôtres désormais en France, car il n’y aurait eu ni déportés, ni fusillés. Comme on ne peut accuser de racisme à tout bout de champ sans croire aux races, il serait utile de s’arrêter sur ce vocable et de chercher à cerner de quoi parle-t-on au juste quand on parle de race.”

Un texte au vitriol de Yana Grinshpun intitulé Le Féminisme paranoïaque: « L’Occident du XXIe siècle ne connaît pas de régimes totalitaires. En revanche, il connaît une diversité d’idéologies, qui ont emprunté aux dictatures du passé la façade discursive positive cachant le désir de surveiller et punir. »


Quoi lire encore  ?


Pour s’amuser un peu, La dialectique du tuyau d’arrosage par Xavier-Laurent Salvador  et le texte de notre collègue Joseph Ciccolini (Full Professor of PharmacoKinetics) consacré au Scandale du cis-platine: halte à la trans-LGBTQ+phobie des chimiothérapies anticancéreuses !
A Lire encore pour aller encore plus loin:

Notre compte-rendu témoignage : L’essai publié par Rachel Khan aux éditions de l’Observatoire: c’est d’abord une cure salutaire contre la bêtise ambiante, un peu d’air frais dans la morosité ambiante et un pur cocktail de dynamisme qui fait encore espérer que la littérature puisse faire autre chose que servir la soupe à des idéologies fumeuses ou à des injonctions politiques. Cela ne veut pas dire que la littérature ne doive pas parler de politique, ni que la littérature doive obéir forcément à l’injonction à ne rien dire, ni surtout que la littérature ne doive pas être militante ou autobiographique.

Et encore ?Nous reproduisons sur notre site avec l’accord de Jean-Pierre Chevènement le texte de sa tribune initialement publiée dans l’Opinion avec son titre original: L’islamo-gauchisme et la République ! « Il est temps de siffler la fin de la déconstruction, à la fois celle de la France et celle de la République. La France doit assumer son histoire, mais sans se renier »
On écoutera dimanche à 12h45 notre ami Jean Szlamowicz invité en débat face à Sandra Laugier sur le plateau de Marc Weitzmann sur France Culture à 12h45 !


Et si tout cela ne suffit pas et que vous estimez qu’il y a des choses qui doivent encore être dites : à condition que votre regard et votre position soient universitaires et si vous estimez que la matière est dense, vous pouvez nous adresser vos propositions en respectant les consignes aux auteurs que vous découvrirez ici.


“Comme disait Jaurès, La République n’est pas une gnose; ce n’est pas un dogme. C’est une méthode. Notre site voudrait faire entendre un discours de la méthode.  Nous comptons sur vous et sur votre soutien dans les combats légitimes que nous portons. Les attaques contre Vincent T. à Sciences Po Grenoble sont alarmantes, et la voix que nous portons est faible. A très vite de nous retrouver autour de nos publications !”
L’équipe de l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires

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