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L’islamisation du sport, un point aveugle inquiétant

[Initiative citoyenne contre l’islamisation du sport1 ]

Un constat s’impose aujourd’hui parmi les chercheurs, mais aussi parmi quelques lanceurs d’alerte : le sport est l’une des cibles privilégiées de l’entrisme islamique et de la radicalisation islamiste qui ont depuis plusieurs années déjà gangréné les institutions et les pratiques sportives. Les faits le prouvent et sont irrécusables selon Médéric Chapitaux2 :

« L’attentat du RER Saint-Michel [1995] avait été perpétré par une équipe dirigée par Boualem Bensaïd, qui était éducateur sportif et fut capitaine de l’équipe de karaté d’Algérie. Khaled Kelkal, qui le secondait, était un spécialiste de musculation. Tous les attentats commis en Europe entre 1995 et 2019 l’ont été, ou presque, par des gens qui viennent du sport. […] Tous les auteurs des attentats de 2004 et de 2005 en Espagne et en Angleterre ont été recrutés dans des clubs de sport. Entre 2012 et 2016, en France, la totalité des auteurs d’attentats terroristes est passée par des clubs de sport ; 52 % d’entre eux pratiquaient des sports de combat3 ».

Voir l’audition de M. Chapitaux, le 29 janvier 2020, par la Commission d’enquête sénatoriale « Combattre la radicalisation islamiste » sur le site du Sénat http://www.senat.fr/compte-rendu- commissions/20200127/ce_radicalisation.html

En effet, Yassin Salhi s’entraînait dur aux arts martiaux mixtes catégorie poids lourd4 et Amédy Coulibaly, bodybuildé par la musculation, était un adepte de la boxe thaï. Dans une vidéo post-mortem postée sur Internet après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher (janvier 2015), cet ancien coach sportif dans une salle de fitness à Grigny appelait « les sportifs musulmans à défendre l’Islam » en déclarant : « J’ai sillonné les mosquées de France. Elles sont pleines d’hommes pleins de vigueur ! Elles sont pleines de jeunes sportifs ! Pourquoi ces milliers de personnes ne défendent pas l’Islam5 ? ». Abdoullahk A., qui a décapité Samuel Paty, avait sa licence dans un club de free-fight et de lutte6 dont les signes d’islamisation avaient été signalés dès 2017, « notamment des prières dans les vestiaires ou des pressions sur les tenues vestimentaires des jeunes femmes licenciées. Placée sous tutelle, cette association a été l’une des premières de France à se trouver dans le viseur de l’État pour communautarisme7 ».

Dans un autre registre de sport de « frappes », Mohamed Merah pratiquait le football et adulait « Zizou8 », tout comme Cherif Kouachi qualifié de « très bon footballeur » par ses anciens coéquipiers9. Les dix Strasbourgeois originaires du quartier de La Meinau partis en Syrie pour rejoindre les rangs de l’État islamique en 2013 ont tous pratiqué un sport de combat, de frappe ou de carénage musculaire : musculation, football, boxe, préparation physique intensive. Foued Mohamed-Aggad qui faisait partie de cette « filière djihadiste de Strasbourg » a participé à la tuerie du Bataclan le 13 novembre 2015. Ses deux complices, Ismaël Omar Mostefaï et Samy Amimour ont également eu des parcours sportifs : le premier faisait du football et participait à des entraînements paramilitaires10 tandis que le second faisait du judo11. « Pourquoi un tel lien entre sport et radicalisation ?, se demande Médéric Chapitaux. Très simplement : tous les groupes terroristes, Daech, Al-Qaïda, le Front islamique du salut (FIS), le Groupe islamique armé (GIA), ont utilisé deux documents que l’on peut consulter, en anglais, sur internet, intitulés “Comment s’entraîner pour le djihad”. Il y est notamment expliqué que l’adhésion à l’idéologie terroriste islamiste implique de se préparer en pratiquant notamment les sports de combat et la musculation. Et il est même précisé que leur préparation doit se dérouler dans des clubs dont les entraîneurs sont musulmans. La pratique des sports de combat répond donc à une commande “institutionnelle” : elle est conforme à la doctrine12 ».

À l’instar de l’école républicaine, l’institution sportive a donc abrité des terroristes islamistes capables des pires exactions sans pouvoir empêcher leur radicalisation rapide. Elle en abrite encore. Un rapport du « Plan national de prévention de la radicalisation et des mesures concernant le sport » stipule que

« 829 personnes ont été signalées pour radicalisation dans des clubs, 92 % sont des hommes. Les actes [de radicalisation] varient et se décomposent ainsi : 18 % de violences physiques, 31 % verbales, 35 % de refus de se conformer aux règles, 9 % d’exclusions ou d’arrêts de jeu et 7 % de prosélytisme13 ». Pire, selon le rapport d’Eric Diard et de Henri Vernet, il existe actuellement « une vingtaine de sportifs de haut niveau fichés S14 ».

Voir Eric Diard et Henri Vernet, Radicalisation au cœur des services publics : Sport, hôpitaux, transports… Ce qu’on ne vous dit pas, Paris, Jean-Claude Lattès, 2020. Voir également « Radicalisation dans l’État, le rapport qui fait peur », propos recueillis par Clément Pétreault, Lepoint.fr, 19 août 2020.

L’entraînement sportif sert manifestement à préparer les corps des « fous d’Allah15 » aux actions violentes qu’ils doivent effectuer sans la moindre hésitation : gestes sûrs (tirs à bout portant, égorgement, opération kamikaze), mental d’acier, condition physique militarisée.

Islamisation du sport et stars du sport-business

Le pôle de projection imaginaire de « killer » proposé par les sports de combat et autres machines à étrangler ou à briser les os (boxe thai, free style, MMA) n’est pas sans conséquence dans le développement du terrorisme islamiste en France. Il s’est même récemment avéré décisif dans la prolifération virale des discours légitimant les vengeances sanguinaires au nom d’Allah après la décapitation du professeur Samuel Paty. Des stars du ballon rond qui jouent ou ont joué avec l’équipe de France ont en effet ouvertement cautionné les apologies de la terreur théologique islamiste. Presnel Kimpembe, Karim Benzema, Mamadou Sakho, Tiémoué Bakayoko et Jacques Faty ont « liké » sur Instagram une publication de Khabib Nourmagomedov, champion russe d’arts martiaux mixtes : « Les ennemis de l’islam […] tentent d’offenser les sentiments de centaines de millions de croyants à travers le monde en dessinant des caricatures. Qu’Allah lâche Son châtiment sur quiconque empiète sur l’honneur du meilleur des hommes, son prophète Mahomet16 ». Aucune instance du football ou du MMA, en France, en Europe ou au niveau international, n’a réagi à ces appels explicites au meurtre des « mécréants » et « blasphémateurs ». Ces sportifs, massivement présentés comme des « modèles pour la jeunesse », ont même eu tout loisir de se moquer du monde en clamant haut et fort qu’ils ne faisaient pas de politique17. Dans la société du spectacle sportif, l’apologie du terrorisme obtient ainsi un droit de cité.

Le cas de Karim Benzema, petit protégé de Zinedine Zidane, l’ambassadeur du Mondial 2022 au Qatar18 – la pétromonarchie wahhabite qui applique rigoureusement la charia, esclavagise les travailleurs migrants, condamne à mort les homosexuels musulmans et flagelle ou pend les dissidents – est symptomatique de l’aveuglement des pouvoirs sportifs face à l’expansion islamiste non seulement en périphérie des terrains de sport mais aussi au plus haut niveau. Karim Benzema, très apprécié par les jeunes footballeurs musulmans pour son attitude « rebelle » à l’égard de la France, a effectivement multiplié durant ces dix dernières années les signes de son islamisation provocatrice : port de la barbe frériste (frères musulmans) tout à fait identifiable, célébrations du ramadan sur les réseaux sociaux, diplomatie du ramadan avec les autorités du parti islamo-nationaliste turc AKP (rupture du jeûne avec Mustafa Demir, ex-ministre d’Erdogan le 6 juin 201719), soutien à la « quenelle » effectuée par Nicolas Anelka, refus de chanter la Marseillaise, crachat après la Marseillaise jouée en hommage aux victimes des attentats djihadistes du 13 novembre 2015, opération pèlerinage « people » à la Mecque en août 2017, cours de boxe et de préparation physique avec le rappeur Booba qui chante contre Charlie Hebdo « T’as mal parlé, tu t’es fait plomber. C’est ça la rue, c’est ça les tranchées20 », etc. Malgré cela, Benzema a eu la bénédiction de Tony Estanguet (président du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris), Denis Masseglia (président du Comité national olympique et sportif français) et Anne Hidalgo (maire socialiste de Paris) pour soutenir les Jeux olympiques de 2024. On l’a vu sur la vidéo de promotion de la candidature de Paris en 2015 (opération de crowdfunding « Je rêve des Jeux ») et il a été promu, avec Zidane et Blanc, ambassadeur des Jeux ou « soutien de prestige » en 201721.

L’exemple du football français, sport de masse érigé en « modèle d’intégration » et en « patrimoine culturel commun » par les idéologues du football « émancipateur », révèle par quelles stratégies perverses certaines stars musulmanes du ballon rond se transforment en propagandistes « glamours » ou « bling bling » de l’islam rigoriste, en maîtres de la Da’wa, « action prosélyte ou, pour être plus proche de la réalité, harcèlement religieux islamique22 ». En témoignent Nicolas Anelka et sa « quenelle » antisémite anti-système23, Hatem Ben Arfa et Frédéric Kanouté qui voulurent récuser un sponsor au nom de la charia24, Samir Nasri soutenant le ramadan de ses « frères musulmans » en plein match25, Eric Abidal, 50 fois sélectionné en équipe de France, qui revendique le droit de prier avant les matchs, Franck Ribéry qui médiatise sa conversion à l’islam dans la presse people26. On se souvient aussi que l’entraîneur Raymond Domenech avait instauré l’obligation d’un buffet hallal pour restaurer les Bleus en 201027. Selon le journaliste Vincent Geisser, « aujourd’hui, l’islamité affichée des vedettes du football, du basket et de l’athlétisme fait rêver de nombreux jeunes Français des quartiers populaires. […] La rigueur individuelle, la discipline corporelle et le surpassement personnel deviendraient, par essence, des “valeurs musulmanes”. Du coup, de jeunes Français qui considéraient l’islam comme un obstacle à leurs pratiques sportives en font, aujourd’hui, le vecteur de leur performance. Et se réfèrent volontiers au hadith (parole prophétique) : “Le croyant fort est meilleur et plus aimé d’Allah que le croyant faible”28 ».

Le grand déni des institutions sportives 

Incapable d’empêcher des sportifs médiatisés de propager des conceptions hostiles à la laïcité républicaine et à la neutralité politique revendiquée par le sport, le « mouvement sportif » semble aujourd’hui profondément fragilisé face à l’emprise croissante de l’idéologie islamiste. En témoigne le communiqué du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) en soutien à la famille de Samuel Paty et aux enseignants29 après l’attentat barbare de Conflans-Saint Honorine. On peut y lire ceci : « Le Comité National Olympique et Sportif Français et ses Fédérations sportives condamnent fermement l’attaque terroriste (nous soulignons) qui a coûté la vie à Samuel Paty et s’associent à l’hommage national qui lui sera rendu mercredi 21 octobre à la Sorbonne ». En refusant de désigner clairement et distinctement la barbarie islamiste comme l’instigatrice et le bras armé de la décapitation de Samuel Paty, le CNOSF a recours à une abstraction creuse, indifférenciée : « Attaque terroriste » perpétrée par qui ? Appuyée par quelle idéologie ? Manière commode de dissimuler le véritable problème : il s’agit en effet d’une opération islamiste préméditée, soutenue et relayée par des organisations de l’islamisme radical. En prônant par ailleurs l’idéalisme abstrait des « valeurs éducatives du sport […] contre la violence, le fanatisme et la haine », le CNOSF s’est bien gardé de caractériser précisément l’origine islamiste de ce fanatisme et de cette haine, en succombant ainsi au déni de la menace réelle que représente la guerre de conquête menée par les soldats de l’islam contre la France, ses fondements politiques, ses valeurs éthiques et ses conceptions de la liberté30. Le ministère des Sports s’est lui aussi prudemment abrité derrière le même déni de la réalité par une formulation euphémisée :

« La disparition tragique de Samuel Paty ébranle le corps enseignant et plus largement l’ensemble de la communauté pédagogique et éducative de notre pays dont le monde du sport fait pleinement partie. Au sein du ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, le ministère chargé des Sports et le mouvement sportif participent à la construction de citoyens épanouis, autonomes et éclairés de demain31 ».

Une telle occultation de la nature exacte de la violence criminelle de l’islamisme politique renvoie aussi à la méconnaissance de la radicalisation qui passe non seulement par les réseaux sociaux, mais aussi de plus en plus par le sport. Il y a incontestablement un faisceau convergent d’indices, repérés par de nombreux observateurs, qui devraient alerter non seulement les pouvoirs sportifs, mais aussi les pouvoirs publics. Le premier de ces signes est bien évidemment le port du voile ou de tenues pour les femmes sportives compatibles avec les « lois de l’islam ». Selon l’anthropologue et essayiste Chahdortt Djavann, qui a témoigné en 2003 devant la Commission Stasi sur la laïcité au sujet de l’obligation du port du voile islamique en Iran, « le voile, hijab, c’est le dogme islamique le plus barbare qui s’inscrit sur le corps féminin et s’en empare. […] Autoriser le voile à l’école [et dans le milieu sportif] replace les adolescentes vivant dans les cités et les banlieues sous le joug des dogmes islamiques et rend leur légitime aspiration à l’émancipation encore plus difficile32 ». Malgré ce témoignage accablant, Françoise Sauvageot, vice-présidente en charge de la diversité des pratiques au CNOSF et présidente de la Fédération française d’éducation physique et gymnastique volontaire, exprime au sujet du hijab un point de vue officiel en forme de grand écart : « Le voile islamique est un outil de propagande religieuse, donc interdit. Mais le foulard, toléré par le CIO, n’est pas le voile et s’apparente plutôt à un signe culturel. Si plus de femmes peuvent pratiquer avec cela, pourquoi pas33 ? ». Denis Masseglia, président du CNOSF, évite les contorsions de sa collègue mais manie à merveille la langue de bois : « Il vaut mieux que les femmes qui ne peuvent pratiquer un sport que voilées participent aux compétitions plutôt que rester chez elles, même si cela choque dans un pays laïc comme le nôtre. Le CIO a choisi l’ouverture, il réagit en termes d’universalité et de respect de la culture de chacun. Arrêtons de tout voir à travers le prisme franco-français34 ». Quand la « culture » devient un élément de langage pour justifier des dérogations opportunistes…

Roxana Maracineanu, l’actuelle ministre des Sports, a elle aussi sa propre conception élastique de l’universalité et des diversités culturelles. Ainsi défend-elle le hijab de running au nom d’une « logique d’inclusion » et n’hésite pas à s’afficher aux côtés de jeunes sportives voilées35. « Les femmes qui portent le voile devraient-elles être interdites de sport ?, se demande-t-elle. Ce n’est pas ma position. […] Ma vision du sport, c’est le progrès. Mettre en mouvement les gens physiquement, c’est aussi mettre en mouvement les mentalités. On veut aller chercher tous les publics, là où ils sont. L’investissement des femmes au sein d’une association peut générer une pratique physique chez les enfants. Cette notion de progrès doit être insufflée dans toutes les familles, de tous les milieux culturels36 ». Ce « progrès » devrait donc forcément passer par une régression : la soumission préalable à des lois religieuses archaïques qui font de la femme un tabou, un corps honteux et un objet garantissant l’honneur des musulmans qui la scrutent et la surveillent. Selon Eric Diard et Henri Vernet, la force du déni s’est emparée du ministère des Sports : « La ministre, Roxana Maracineanu, a mis un temps fou à nous recevoir et nous a déroulé un argumentaire qui laisse encore perplexe. En gros, elle nous dit que le communautarisme dans le sport a toujours existé, que c’est le propre même du sport que d’avoir des clubs de foot communautaires portugais ou algériens, qui n’ont jamais posé de problème. C’est certain, mais lorsque le regroupement communautaire se fait sur des critères religieux, ça n’est pas la même chose… Ce à quoi elle répond que le prosélytisme religieux n’est pas interdit. […] Pour elle, le monde du sport c’est comme une pub McDo, vous y venez comme vous êtes, y compris en burkini37 ».

Il faut dire que sous la pression du Qatar et des pays du Golfe qui sont aujourd’hui des acteurs financiers et idéologiques incontournables et déterminants du sport-spectacle de compétition (Mondiaux de handball, Mondiaux d’athlétisme, Mondial de football au Qatar, achat et sponsorisation de clubs de football professionnels, contrôle d’instances décisionnaires au sein des institutions sportives internationales, etc.), plusieurs fédérations internationales tolèrent désormais le port du voile : basket-ball, football, athlétisme, judo, karaté38. Tel est le bilan actuel en attendant que d’autres barrières finissent par lâcher, notamment à l’occasion des Jeux olympiques où les délégations de pays islamiques utilisent leurs sportives en service commandé comme des missionnaires de la charia.

Islamisation des clubs sportifs et de l’éducation physique scolaire : une stratégie de noyautage

Les préfets de police sont très documentés à ce sujet : les clubs sportifs, notamment ceux de football, de lutte, de judo, de boxe, de musculation, font l’objet d’un noyautage islamiste qui passe par la pratique de la prière, l’imposition du ramadan et de nombreux interdits religieux, la visite régulière des imams, le soutien à des causes politiques fortement islamisées comme la « cause palestinienne », la dénonciation de la nudité dans les douches, l’interdiction d’aller au club house, le refus de s’incliner devant l’adversaire avant d’entrer sur le tatami, car on ne peut s’incliner que devant Allah39, etc. Certains éducateurs fichés S servent de recruteurs. On recense aussi de multiples pressions d’associations musulmanes pour que les femmes pratiquent le sport avec le hijab, se baignent en burkini et durant des horaires excluant les hommes, ne croisent aucun homme durant leur activité, soient donc entraînées par des femmes exclusivement, et ne soient soignées en cas de blessure que par des femmes.

Les pressions islamistes, très souvent banalisées par les instances sportives internationales et nationales et par les pouvoirs politiques, revêtent diverses figures. Médéric Chapitaux relate le cas d’une salle de sports de combat dans une ville de Seine-Saint-Denis où un fonctionnaire ETAPS [éducateur territorial des activités physiques et sportives] utilise à merveille la taqîya, cet art de la dissimulation et de la tromperie dans l’intérêt de l’islam. En journée, le club semble être un modèle de mixité ; mais le matin, juste avant et juste après la prière, seuls des hommes appartenant à la mouvance radicale islamiste Forsane Alizza sont entraînés par cet éducateur persuadé d’agir pour un « bon islam40 ». Selon Médéric Chapitaux, les chefs des services de renseignement savent que les éducateurs sportifs recruteurs ont une grande influence sur les jeunes. « En 2018, 12,5 % des personnes fichées au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) étaient suivies par le biais du sport41 ». Des fichés S ont ainsi des activités pédagogiques sans être inquiétés. L’exemple d’un club de football du sud-est de la France est à cet égard symptomatique : la femme qui le dirigeait a été limogée par une assemblée générale ayant voté une motion de défiance contre elle. « Les cinq personnes qui ont pris le contrôle du club, dit Médéric Chapitaux, sont fichées S ; après une saison, l’équipe féminine a disparu et le club est étiqueté “barbus”42 ». Par ailleurs, de nombreuses salles de sport entendent capter le marché du « Muslim Fit ». Il n’est pas illégal d’y faire pratiquer des femmes en hijab ou d’y donner des séances réservées aux femmes. Un collectif de « hijabeuses » soutenu par l’association Alliance citoyenne accuse inlassablement les fédérations sportives de discrimination et médiatise leur statut de victimes au nom de la tolérance43.

« Leur dernier coup d’éclat a eu lieu à Lyon, elles ont envahi une salle de sport, Interval, rue Gambetta dans le 3e arrondissement, pour forcer son dirigeant à changer le règlement intérieur, qui prohibait les couvre-chefs, et imposer l’acceptation du hijab par la force. Et elles ont obtenu gain de cause44 ».

Les midinettes pro-voile qui font le jeu des flagellateurs et massacreurs de femmes osant l’ôter en Iran, en Arabie Saoudite, au Qatar ou en Afghanistan, peuvent malheureusement s’appuyer sur les autorisations de participer aux compétitions internationales avec le voile émises par la FIFA et le CIO, tous deux financièrement et politiquement liés aux théocraties islamiques qui sont par ailleurs les collecteurs de fonds de nombreux groupes terroristes45.

Parallèlement à ces multiples pressions d’associations musulmanes dites « citoyennes » pour que les femmes pratiquent le sport avec le hijab, les menées séparatistes et communautaristes progressent dans les cours d’éducation physique et sportive, au mépris de la laïcité et de l’égalité républicaine entre les sexes. Selon le rapport de Jean-Pierre Obin (Les signes et manifestations d’appartenances religieuses dans les établissements scolaires, 2004) et selon son étude Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école46, l’entrisme islamiste se traduit par plusieurs revendications émises par les élèves et/ou leurs parents : le refus de la mixité ; le refus de la natation ou de la gymnastique jugées indécentes (certificats médicaux de complaisance) ; les provocations vestimentaires téléguidées par les imams (port du jilbab, port du voile durant les trajets entre l’établissement scolaire et les gymnases ou les stades), le harcèlement des élèves qui ne veulent pas faire le ramadan, la demande de repas halal lors des déplacements sportifs, la demande de salles de prière et d’organisation des rencontres en fonction des horaires de prière. Sur ce terreau des croyances religieuses communautaristes fleurissent désormais les idéologies intégristes de la soumission à la loi coranique et à elle seule.

Ne pas tolérer l’intolérable

Les dirigeants des clubs sportifs infiltrés par les prosélytes de l’islam – éducateurs et moniteurs sportifs, grands frères pratiquants ou familles de sportifs – se réfèrent régulièrement à la « tolérance religieuse » et à la « neutralité politique du sport » pour banaliser les nombreuses atteintes à la laïcité et tolérer des attitudes et des pratiques contraires au pacte républicain français. Face à cet entrisme organisé, les autorités sportives nationales et certains responsables politiques invoquent volontiers le « relativisme culturel ». Or, au nom du pluralisme culturel, du droit à la différence et du respect des traditions, il n’est pas possible de tolérer l’intolérable que préconisent les islamistes avec leur charia : mépris, dévalorisation et enfermement des femmes, excision, polygamie, répudiation, lapidation, décapitation. Pas plus qu’il n’est tolérable que le sport devienne le terrain d’expérimentation puis de légitimation de la vision islamique du monde avec son obscurantisme intégriste, son antisémitisme et sa haine foncière de la liberté – qu’elle soit religieuse, politique, sexuelle ou artistique.

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