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Dresse-code

Un petit guide de caractéristiques d’un  canis decolonialis, pour les cynologues wok.e.s 

J’ai décidé de partager, dans ce petit billet, mon amour pour les chiens, et leur dressage. Je m’intéresse particulièrement aux espèces produites suite à l’émancipation post-moderne de la philosophie cynologique.

Pour les non-initiés, il existe plusieurs écoles de pensée sur la façon de former des chiens, certaines sont fondées sur le concept dit « positif » : positif behaviour, positif dog gaze, positif dog barking. D’autres essaient d’enrichir la philosophie du « positif » par des apports de la pensée du déconstructivisme qui met à mal la théorie génétique des instincts en appliquant à la formation canine les concepts élaborés par le féminisme néo-radical pour chiennes (mais ces méthodes peuvent s’appliquer également aux mâles) inspiré par la psychanalyse décoloniale, la psychologie évolutionniste et l’épistémologie intersectionnelle. Cette dernière a largement contribué aux expériences de production et d’élevage de nouvelles races de chiots post-modernes émancipés et correspondant aux attentes de la société woke. Exemples:

Il faut avoir en tête que les chiens décoloniaux se distinguent de la race des sous-chiens produits par la colonisation blanche du continent noir et tous les autres continents.  Comme l’attestent les études de R. Connel, le caractère inacceptable du canis pristinius consistait dans ce qu’ils appellent: « hegemonic masculinity » qui s’exprime par la prédation et par l’imposition des relations dégradantes à sa partenaire. Ça, c’est mal.

Mais mais mais, le canin décolonial lui, a pour particularité de présenter les traits femelle et mâle à la fois car son rôle est de dépasser la structure hétéropatriarcale qu’on observe également dans le monde animal. Connaissant également l’existence de la propension à forcer les partenaires femelles aux relations indésirables, les spécialistes producteurs ont veillé à ce que la nouvelle race canine soit transgénérique. La possession d’un  full range d’organes de reproduction contribue à la fécondation décoloniale en boîte de Petri.

Personnalité du chien et du maître

La condition sine qua non du dressage est la personne d.u.e (la) maitr.e.ss.e. Iel doit être non-binaire et non blanc.h.e. Car ces dernières catégories peuvent avoir une influence néfaste sur l’éducation d’un.e jeune chien.ne.  Un.e ex colonisé.e bigot.te d’une religion minoritaire ou un.e déraciné.e converti .e au féminism.e radical.e islamique ou racisé.e végétalien.ne convaincu.e et certifié.e est un idéal-type du cynologue éleveur de canis decolonialis. Comprend qui peut.

Nourriture 

Il faut veiller à ce que la nourriture du canis decolonialis soit adaptée à sa structure physiologique et qu’elle contribue au système bienveillant et holistique du « care » autour de l’élevage canin. Les produits spécistes contenant les restes animaux doivent être rigoureusement exclus. La priorité absolue doit être donnée aux produits végan disponibles dans les boutiques spécialisées d’alimentation décoloniale canine. Cependant, de minuscules quantités de viande impure sont autorisées, mais c’est pour inciter les chiens à mieux discerner les ennemis et les combattre. Toute mission de dépistage des individu.e.s réactionnaires fascistes, soupçonnées de fascisme ou simplement en désaccord avec l’idéal décolonial doit être gratifiée d’une sucrerie au gingembre.

Langage utilisé

Le langage utilisé pour le dressage doit être inclusif.  Le canis decolonialis ne saurait répondre aux commandes données en ancien français, encore en usage parmi certaines minorités cynologiques qui continuent à cultiver les races en voie d’extinction. L’élevage de ces derniers est strictement  règlementé et  se fait dans des espaces aménagés. Il est recommandé au.e/à.e (la) maître.ss.e de s’entraîner durement à prononcer des ordres comme: « Au/à le.a pied.e » ou « rentr.e dans ton.a nich.e », voire « Attrap.e le/a chat.te ».

Vocabulaire que le chien doit s’approprier 

NB: Même s’il s’agit d’une appropriation culturelle post-humaine par les espèces  post-canines, comme le montrent des études de l’équipe Fututrix à l’Université américaine Abi Pedicatum, précisons que la communauté cynologique transhumaine ne sera pas dépouillée de son identité dans l’interaction avec l’Autre canin. 

Il doit réagir aux commandes suivantes (nous spécifions ici le minimum vital) en précisant les émotions qu’on DOIT stimuler à l’aide de la méthodologie pavlovienne en montrant un portrait type à l’animal pour qu’il adopte le bon comportement :

Raciste : colère : un aboiement 

Sexiste : colère : deux aboiements 

Islamophobe : rage : aboiement ininterrompu, hurlements. 

Antisémite : mécontentement : pas nécessaire d’aboyer mais un grondement doit être émis

Homme cis blanc : rage : aboiement ininterrompu et attaque imminente 

Femme blanche de droite (Dworkin (c)) : dégoût : cinq aboiements.

Papy : dégoût : trois aboiements

Racisé : joie : couiner avec douceur, frétillements de la queue. 

Féministe : joie : sautiller,  frétiller de la queue 

L’enrichissement du vocabulaire se fait au fur et à mesure des progrès du CD. 

Par Willow Spivak

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