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Le temps partiel et le congé parental féminins sont-ils majoritairement choisis ou subis?

[par Cyrille Godonou]

En dépit d’une abondante documentation montrant que la majeure partie du temps partiel féminin est choisi (deux tiers à trois quarts), il est surprenant que tous les auteurs ne relaient pas cette conclusion, en particulier dans le monde académique. Le temps partiel subi correspond au temps partiel faute d’avoir trouvé un travail à temps plein, c’est-à-dire en raison d’un problème relevant de la demande de travail (les entreprises). À l’inverse, le temps partiel choisi dépend de l’offre de travail (les travailleurs).

Le temps partiel subi étant minoritaire, certains auteurs ont suggéré qu’il existait une zone grise dans le temps partiel choisi, dans la mesure où il est susceptible de recouvrir du temps partiel par contraintes familiales, c’est-à-dire faute de moyens de garde d’enfants. D’autres auteurs soupçonnent que le temps partiel choisi pour raisons familiales serait subi en l’absence de facteurs familiaux, faute de disponibilité d’emploi à temps plein. Le cas de la fonction publique d’État française, où les fonctionnaires sont nécessairement sur des emplois à temps plein sauf à leur demande, peut se révéler éclairant. De même, les données des demandeurs d’emploi fournissent un éclairage quant à la quotité de travail souhaitée.

Par ailleurs, on va aussi s’intéresser au congé parental. Si c’est le cas de la France sur lequel on entend principalement se pencher, on fournira aussi des éléments détaillés sur d’autres pays occidentaux.

Le temps partiel pour raisons familiales tient-il à des contraintes familiales telles que l’absence ou l’insuffisance de mode de garde d’enfants ou traduit-il une préférence familiale et donc un choix ? Quid du congé parental ? La mesure de la satisfaction permet d’appréhender le caractère choisi ou subi.

Certains auteurs concluent que la majeure partie du temps partiel féminin est subi malgré leurs propres données suggérant l’inverse

Margaret Maruani et Monique Méron abordent la question du temps partiel subi, avec un regard critique sur les choix effectués par l’INSEE et les organisations internationales dans la définition du sous-emploi au sens du BIT (Meron & Maruani, 2012).

On peut voir dans leur livre, au tableau 3.10, que 30,4% des femmes ne travaillant pas à temps plein sont à temps partiel en 2010, faute d’avoir trouvé un emploi à temps plein, ce qui signifie que parmi les femmes à temps partiel près de 70% des femmes sont à temps partiel pour d’autres raisons. La présence de choix dans les décisions apparaît explicitement dans le questionnaire (18,2% des femmes avancent comme raison du temps partiel « Pour disposer de temps libre ou faire des travaux domestiques » contre 13% des hommes). Mais dans leur commentaire Méron et Maruani écrivent que « la plupart des femmes n’ont pas choisi de travailler à temps partiel – ou plus exactement, c’est sous la pression du chômage qu’elles « choisissent » le temps partiel : du sous-emploi pour ne pas rester sans emploi ».

Figure 1 : Les raisons du temps partiel déclaré par les salarié(e)s en 2010

Champ : ensemble des salariés se déclarant à temps partiel, moyenne annuelle.
Source : enquête Emploi 2010, calculs des auteures (in Un siècle de travail des femmes en France 1901-2011,Monique Méron, Margaret Maruani, 2012).

Elles écrivent même qu’il est mensonger de dire que le temps partiel sied bien aux femmes (à temps partiel), que ce serait là une « fable », un « mythe », une « légende ». Ces conclusions sont directement en contradiction avec les travaux mentionnés ci-dessous (Paull, Taylor, & Duncan, 2002 ; Booth & van Ours, 2010). Maruani et Méron écrivent ainsi : « Tout comme le chômage, le sous-emploi et le travail à temps partiel sont des symptômes de la pénurie d’emplois. Mais, dans l’histoire du travail du XXe siècle, le travail à temps partiel pose un problème particulier : on a construit une forme d’emploi spécifiquement féminine qui vient contrecarrer la tendance à l’homogénéisation des comportements d’activité masculins et féminins observée depuis les années 1960. Il a été créé de toutes pièces pour elles – du « sur mesure » en quelque sorte. Mais de là à raconter qu’il sied bien aux femmes, c’est une autre histoire. Ce serait entrer dans le registre de la fable, du mythe, de la légende. Ou peut-être du mensonge social. » (Meron & Maruani, 2012).

Cependant, elles ne sont pas les seules à considérer que le temps partiel subi est majoritaire. Laurence Cocandeau-Bellanger1 estime également que le temps partiel « est le plus souvent subi et imposé par l’employeur ou par le contexte social (précarité de l’emploi) » (Cocandeau-Bellanger, 2004). Or, une publication de l’Insee précise en 2001 : « en 1999, toujours d’après les données de l’enquête Emploi, ce sont plus d’un tiers des femmes travaillant à temps partiel qui déclaraient souhaiter travailler davantage (les trois quarts d’entre elles désirant occuper un emploi à temps plein) » (Bourreau-Dubois, Guillot, & Jankeliowitch-Laval, 2001). Ces ordres de grandeur, toujours valables depuis lors2 (Thélot, 2008), indiquent donc que la majeure partie du temps partiel féminin est bel et bien choisi (aux deux tiers).

D’ailleurs, après avoir conclu sur la satisfaction élevée des femmes interrogées, quant à leur vie en général et plus particulièrement quant à leur vie familiale, aspiration de leur jeunesse réalisée (idéal de fonder une famille et d’élever des enfants) notamment grâce aux ressources du conjoint (p 324), Laurence Cocandeau-Bellanger écrit (p 326) : « Mais alors comment expliquer un sentiment de satisfaction de la vie professionnelle moins élevé que celui de la vie familiale ? Il semblerait que malgré ce choix du double engagement, leurs souhaits de changements portent davantage sur le volet professionnel (avoir moins de travail, plus de temps disponible pour la famille…) que sur le volet familial (avoir des enfants plus jeunes ou de façon moins rapprochée). » (Cocandeau-Bellanger, 2004).

Ce faisant, il est possible que Cocandeau-Bellanger aboutisse à une conclusion (sur le temps partiel subi apparemment majoritaire) opposée à ce que suggère sa propre étude en raison du champ restreint de celle-ci : en effet, la validité externe de ces travaux est incertaine. Les travaux menés reposent sur une double méthodologie : les données ont été recueillies par questionnaire et par entretien, la publication étant centrée sur la démarche quantitative. Une centaine de femmes a été interrogée répondant au profil suivant : être âgée de 25 à 44 ans, vivre (mariée ou non) de façon stable avec un homme qui travaille lui-même, avoir au moins un enfant issu de l’union actuelle, dont le dernier a moins de 5 ans. Toute femme de l’échantillon étudié occupe un travail salarié à plein temps ou à temps partiel d’au moins trois quarts temps, et a une profession intermédiaire ou est employée. Le questionnaire aborde les quatre thèmes suivants : travail, famille, double engagement et les satisfactions. Malgré les limites au regard de la validité externe, il est remarquable que ces travaux soient concordants avec ceux évoqués ci-dessous.

Françoise Milewski aboutit également à cette conclusion en s’appuyant sur les statistiques des demandeurs d’emploi en 2004 (plus précisément du fait qu’ils recherchent des emplois à temps plein ou à temps partiel) à la page 54 :

« Une mesure indirecte consiste à regarder parmi les demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE, ceux qui recherchent un emploi à temps partiel. C’est une mesure du temps partiel « choisi », mais sur la seule population des chômeurs inscrits. En juin 2004, si 84% des demandes d’emploi à temps partiel émanent des femmes, ce qui correspond à peu près à leur part dans l’emploi à temps partiel, seulement 24,3% des femmes à la recherche d’un emploi souhaitent un temps partiel, tant pour l’ensemble des femmes que pour celles âgées de 25 à 49 ans (tableau II.11). La part du temps partiel « choisi » serait donc, selon cette mesure, bien faible… »

(Milewski, Méda, Ponthieux, & Letablier, 2005)

On aboutit pourtant à la conclusion inverse : la part du temps partiel choisi selon cette mesure indirecte est très forte puisque le taux s’élève à 24,3% pour un temps partiel total de 30% (choisi ou subi). Il s’agirait de 81% de temps partiel choisi selon cette mesure indirecte (24,3/30=81), contre 71% avec la mesure directe (par l’enquête emploi). Même par l’approche des demandeurs d’emploi on retrouve bien les deux tiers de temps partiel choisi (71% précisément) et même plus (81%), soit un quart des femmes demandeuses d’emploi qui recherchent un emploi à temps partiel pour 30% de femmes en emploi qui officient à temps partiel.

24,3% : part des femmes demandant un temps partiel parmi les demandeuses d’emploi en 2004 (champ restreint donc mesure indirecte) selon le rapport de Françoise Milewski et alii.

30% : part des femmes à temps partiel parmi l’ensemble des femmes qui travaillent en 2004 (champ complet donc mesure directe de 30,1% cf. figure 3 la partie du tableau consacrée à la proportion d’actifs occupés à temps partiel IP n°1070) selon l’Insee (Attal-Toubert & Lavergne, 2006).

29,1% : part des femmes à temps partiel subi parmi l’ensemble des femmes qui travaillent à temps partiel en 2004 (champ complet donc mesure directe cf. figure 3 la partie du tableau consacrée au sous-emploi parmi les emplois à temps partiel (%) IP n°1070) selon l’Insee (Attal-Toubert & Lavergne, 2006). Donc on a bien 70,9% (ou 71% en arrondissant) de femmes qui ne sont pas en sous-emploi parmi les femmes à temps partiel (plus de deux tiers du temps partiel est choisi).

Avec des données plus récentes en 2011, la DARES fournit un chiffre de 69% de temps partiel choisi pour les femmes (mesure directe) donc proche des 66% de l’Insee en 1999, confirmant ainsi que la mesure indirecte correspond à une plus grande part de temps partiel choisi que la mesure directe : 81%>69%. Il n’y a donc pas de surestimation du temps partiel choisi quand il est mesuré directement.

Figure 2 : Population en emploi en France en 2004

Source : INSEE, calculs de l’auteur.

Pour des données plus à jour, on peut utilement consulter les tableaux de l’économie française, INSEE références, édité par l’INSEE, le chapitre « Durée et organisation du temps de travail 4.4 », par exemple à la page 49 de l’édition 2019 :

Figure 3 : Temps partiel des salariés (hors apprentis) selon le sexe en 2017

Le taux de sous-emploi féminin (autrement dit de temps partiel subi) s’élève à 8,5% en 2004 (tableau 3 de la publication de l’INSEE) pour un temps partiel total féminin de 29,9%, d’où la déduction de la part de temps partiel choisi (Durier, Gonzalez, Macario-Rat, & Thélot, 2007) : (29,9%-8,5%)/29,9%=71,6%. On a bien 81%>71,6% ! La mesure indirecte est bien supérieure à la mesure directe ce qui indique que le temps partiel choisi mesuré directement n’est pas surestimé.

En France (Baradji, Davie, & Duval, 2016), à caractéristiques comparables (âge, statut marital, présence d’enfants de plus ou moins 6 ans, catégorie socioprofessionnelle, type de contrat de travail, secteur d’activité), la probabilité pour un homme âgé de 16 à 65 ans travaillant dans le secteur privé, d’être à temps partiel subi est de 2% pour les années 2010 à 2012 (cumul de l’enquête emploi). Pour toutes autres variables du modèle égales (modèle polytomique non ordonné), une femme a une probabilité d’être à temps partiel subi supérieure de 5,8 points soit 7,8%. Les femmes du secteur privé ont ainsi, à caractéristiques données, quatre fois plus de chances d’être à temps partiel subi que les hommes, en tenant compte des caractéristiques du modèle.

Pour les hommes du secteur public, la probabilité d’être à temps partiel subi est aussi de 2% toujours à caractéristiques données alors que pour les femmes du secteur public c’est 3 points de plus donc 5%. Pour les hommes du secteur public ou du secteur privé, la probabilité d’être à temps partiel subi est aussi de 2% toujours à caractéristiques données alors que pour les femmes du secteur public ou du secteur privé c’est 6,6 points de plus donc 8,6%. En s’appuyant sur de simples statistiques descriptives, il apparaît que dans la fonction publique, 6% des femmes sont à temps partiel subi (2% des hommes), 20% d’entre elles sont à temps partiel choisi (4% des hommes). Dans le secteur privé, 10% des femmes sont à temps partiel subi (contre 2% des hommes), alors que 21% des femmes en emploi dans le secteur privé travaillent à temps partiel choisi (3% des hommes). S’il est clair que les femmes sont davantage exposées au temps partiel subi que les hommes, la majeure partie du temps partiel est choisi. Il est intéressant de noter que tous sexes confondus, la prévalence du temps partiel subi est de 6% dans le secteur privé et de 4% dans le secteur public (de 0% dans la fonction publique d’Etat et la fonction publique hospitalière mais de 5% dans la fonction publique territoriale).

N’évoquer que le temps partiel subi, c’est oublier que certains travaux suggèrent que certaines personnes souhaitent travailler moins, comme l’illustrent les données de 2010 : « Un tiers des personnes ayant un emploi aimeraient passer moins de temps à travailler et un dixième aimerait avoir plus de temps pour travailler. » (Ricroch & Roumier, 2011). L’INSEE indique qu’en 2007, 2,6% des femmes en emploi souhaitent travailler moins contre 1,5% des hommes en emploi (Thélot, 2008) : en 2007, sur 25,6 millions de personnes ayant un emploi au sens du Bureau international du travail, « 5,4 millions de personnes souhaitent modifier leur temps de travail, soit 21,1% des personnes ayant un emploi : 4,9 millions souhaitent travailler plus d’heures, les personnes à temps partiel étant surreprésentées, et plus de 500 000 personnes souhaitent travailler moins d’heures. »

L’expérience naturelle de la fonction publique d’État

Un des arguments du prétendu temps partiel subi de masse par les femmes consiste à dire que les femmes qui se disent à temps partiel choisi pour raisons familiales, seraient à temps partiel subi si elles étaient disponibles pour un temps plein. Une des façons de vérifier cette hypothèse consiste à observer les titulaires de la fonction publique d’État qui propose des emplois à temps plein. C’est donc sur demande du personnel qu’un temps partiel peut être accordé. On distingue au sein de la fonction publique d’État l’éducation nationale dont le temps de travail (en présentiel) est moindre compte tenu des enseignants aux obligations horaires inférieures à la durée légale du travail (environ la moitié de la durée).

Force est de constater que 17,3% des femmes titulaires de la fonction publique d’État sont à temps non plein en 1998 (contre 2,5% pour les hommes), sans qu’il soit possible d’invoquer de temps partiel subi (Brenot Ouldali, 2007).

Figure 4 : Temps partiel et temps plein dans la fonction publique d’État en 1998

H : hommes
F : femmes
Source : Ministère de la fonction publique, DGAFP, calculs de l’auteur.

Si l’on se penche sur les femmes fonctionnaires (hors éducation nationale), on s’aperçoit que 33% d’entre elles sont à temps non plein, contre 2 % des hommes.

Figure 5 : Temps partiel et temps plein dans la fonction publique d’État hors éducation nationale en 1998

H : hommes
F : femmes
Source : Ministère de la fonction publique, DGAFP, calculs de l’auteur.

On retrouve des ordres de grandeur du secteur privé, ce qui tend à invalider l’hypothèse d’un temps partiel subi « masqué » par le temps partiel pour raisons familiales.

Même les femmes fonctionnaires de l’éducation nationale sont à temps non plein dans 11,3% des cas en 1998. Il est à noter que parmi elles, se trouve une part élevée d’enseignantes qui bénéficient d’une certaine façon de l’équivalent du « télétravail » ou du moins d’une plus grande flexibilité, puisque les copies peuvent être corrigées à la maison et les cours peuvent être préparés à domicile.

Figure 6 : Temps partiel et temps plein dans la fonction publique d’État de l’éducation nationale en 1998

H : hommes
F : femmes
Source : Ministère de la fonction publique, DGAFP, calculs de l’auteur.

Quant aux hommes fonctionnaires titulaires d’État hors ou y compris ou exclusivement de l’éducation nationale, 2% à 3% d’entre eux sont à temps non plein en 1998, chiffre comparable à ce qu’on trouve dans le temps partiel du privé.

Sur le temps partiel subi : dans les pays de l’OCDE le temps partiel est majoritairement choisi, les femmes constituant la majorité des personnes à temps partiel

L’OCDE a réalisé une étude sur plus d’une trentaine de pays et aboutit à la conclusion que le temps partiel subi ne concerne jamais plus de 25% des salariés à temps partiel (OCDE, 2010). En moyenne, 17% de l’emploi à temps partiel en 2007 est involontaire ou non désiré (page 240)3, la méthodologie reposant sur l’interrogation des répondants par enquête (nationale de type enquête emploi) : « l’éventail des raisons possibles, proposées par les enquêteurs, va des obligations scolaires ou familiales, à l’impossibilité de trouver un emploi à temps complet, et seules les personnes citant cette dernière raison comme justification de leur emploi à temps partiel sont considérées comme travailleurs à temps partiel involontaire ». Le champ est large et la représentativité des enquêtes permet de tirer une conclusion robuste, avec une validité étendue.

Le temps partiel choisi est ainsi très nettement majoritaire (plus de 80% des cas). Sept personnes à temps partiel sur dix sont des femmes (les trois quarts des personnes en emploi à temps partiel dans l’Union européenne sont des femmes)4. Les femmes choisissant le temps partiel sont par ailleurs satisfaites de leur rémunération et de l’équilibre familial qui en résulte5. La divergence des attentes entre hommes et femmes sur le marché du travail, notamment en matière de rémunération, reste inintelligible si l’on ne tient pas compte de la dynamique familiale, compte tenu des interactions entre sphère familiale et vie professionnelle.

Figure 7 : Liste des pays étudiés par l’OCDE

1 Allemagne
2 Australie
3 Autriche
4 Belgique
5 Canada
6 Corée
7 Danemark
8 Espagne
9 Estonie
10 États-Unis
11 Fédération de Russie
12 Finlande
13 France
14 Grèce
15 Hongrie
16 Irlande
17 Islande
18 Israël
19 Italie
20 Japon
21 Luxembourg
22 Mexique
23 Norvège
24 Nouvelle-Zélande
25 Pays-Bas
26 Pologne
27 Portugal
28 République slovaque
29 République tchèque
30 Royaume-Uni
31 Slovénie
32 Suède
33 Suisse
34 Turquie

En 2017, parmi les personnes à temps partiel, 26,4% le sont de façon involontaire dans l’Union européenne (EUROSTAT, 2018). Les trois quarts des personnes à temps partiel l’ont choisi.

Le paradoxe du temps partiel

La comparaison des pays de l’Union européenne, grâce à l’enquête European Working Conditions Survey de 2000, montre que plus il y a de temps partiel, plus il y a de temps partiel volontaire (Burchell, 2012).

« Si l’on compare les taux de temps partiel subi entre les pays, les résultats relèvent vraiment du paradoxe. On pourrait s’attendre à ce que là où le nombre d’emplois à temps partiel est bas (par exemple en Grèce) ces postes soient pourvus par des salariés à forte appétence pour le temps partiel, mais que là où la part de salariés à temps partiel est élevée, alors on pourrait s’attendre à ce que davantage de femmes soient contraintes d’accepter des postes à temps partiel faute de choix. En fait, c’est l’inverse qui semble vrai, à savoir qu’un temps partiel élevé est associé à de hauts de niveau de temps partiel volontaire. Par exemple, aux deux extrémités, le temps partiel subi est presque inexistant aux Pays-Bas (1,9%) mais très important en Grèce (42%). La figure 3 montre qu’entre ces deux extrêmes il y a une relation linéaire très forte.6 »

(Burchell, 2012)

Satisfaction et choix de réduire son temps de travail (marge intensive) ou de ne pas travailler du tout (marge extensive) : une vaste majorité des mères ne travaillant pas à temps plein sont malgré tout satisfaites

L’offre de crèches a un impact sur l’activité des mères (Fontaine, 2018) mais l’ampleur de cet effet « offre de garde d’enfants » est susceptible d’être plus ou moins important.

En Allemagne, l’effet de l’instauration d’un jour de garde d’enfant gratuit pour les enfants âgés de 2 à 6 ans (dans les états d’Allemagne de l’ouest entre 2000 et 2015) sur l’offre de travail des femmes a pu être étudié (Busse & Gathmann, 2018) : aucun effet n’est constaté ni sur la participation au marché du travail (marge extensive) ni sur le volume de travail (marge intensive)7 malgré un certain succès du dispositif qui s’est traduit par une hausse de l’accueil des enfants âgés de 2 ou 3 ans, surtout pour les familles modestes mais dont l’emploi féminin décline malgré tout8. Pour les enfants âgés de 4 ou 5 ans, la mise en place d’un jour d’accueil gratuit entraîne un déclin modeste de la participation des femmes au marché du travail9. C’est l’effet revenu qui a donc prévalu : la gratuité de la garde via des subventions peut s’analyser comme une hausse du revenu, qui n’a pas incité à travailler davantage mais plutôt à s’accorder du temps libre (ou plutôt parental). Ainsi, en Allemagne, le recours aux modes de garde collectifs n’est pas étroitement lié à la participation des mères au marché du travail10 : alors que près de 100% des enfants de 5 à 6 ans sont dans des accueils collectifs, seules 54% de leurs mères travaillent.

Sur le plan méthodologique, la variété des politiques menées dans les différents Etats (Länder) au sein de l’Allemagne permet d’élaborer une stratégie d’identification, avec un groupe de contrôle et un groupe de traitement (différence des différences et effets fixes sur les années et les Etats). La variable dépendante est tour à tour la participation des femmes au marché du travail ou la fréquentation des crèches par les enfants. La source utilisée est un panel de 12 000 ménages, restreint à 9 000 pour l’analyse en raison des différences est-ouest qui amènent à exclure l’est de l’analyse. Les régressions sont appliquées sur les enfants de deux à cinq ans et sur ceux de cinq ou six ans. Que ce soit sur le temps de travail des mères, le fait qu’elles soient à temps plein, ou sur leur participation au marché du travail (marge extensive), la réforme est sans effet : aucun coefficient n’est significatif — cf. la table 4 de la publication (Busse & Gathmann, 2018). Ces résultats sont conformes à certains travaux trouvant peu d’impact pour la Norvège – méthode de différence des différences en comparant les municipalités norvégiennes et l’effet de la réforme de 1975 sur le taux d’emploi des mères à partir d’un panel de données administratives représentatif de l’ensemble de la population entre 1967 et 2006 – (Havnes & Mogstad, 2009). Pour donner une idée, le gain n’est même pas de 765 mères supplémentaires sur le marché du travail (marge extensive) pour 17 500 places supplémentaires en crèches ; en augmentant la couverture des crèches de 17,85 points dans le groupe de traitement, le taux d’emploi des mères croît de 1,1 point.

À partir de données sur les cantons suisses allant de 2002 à 2012, la comparaison du groupe de traitement et du groupe de contrôle aboutit au fait qu’au total le taux d’emploi des mères n’augmente pas, mais qu’en revanche on observe bien une hausse de la part de mères travaillant à temps partiel long (de 20h à 36h de travail hebdomadaire), l’effet moyen étant de deux points sur ce type d’emploi, soit une hausse modeste du taux d’emploi des mères (Ravazzini, 2018). Le même genre de conclusions est également obtenu aux États-Unis, avec une régression sur discontinuité en se servant de la naissance des enfants proches du seuil d’éligibilité en Géorgie et dans l’Oklahoma (Fitzpatrick, 2010), la mise en place d’un accueil gratuit des enfants d’âge préscolaire se traduisant en effet par une hausse de 14% des inscriptions mais sans impact substantiel sur le taux d’emploi des mères, les coefficients par ailleurs d’ampleur modestes n’étant pas significatifs (cf. la table 5).

Mais ces résultats sont contraires à ceux obtenus par d’autres études menées en Espagne et en Allemagne.

En Suisse, des travaux permettent d’appréhender la demande non couverte de services de garde d’enfants : les trois quarts des parents déclarent ne pas avoir besoin de service de garde ou être satisfaits en bénéficiant de ces services11. À l’inverse, les parents de 19,9 % des enfants en âge préscolaire et de 18,0 % des enfants en âge scolaire disent qu’ils auraient besoin de les faire garder davantage.

Figure 8 : Besoins d’accueil en crèche des enfants selon leurs parents en Suisse

Source : enquête auprès des parents 2017 (enfants en âge préscolaire : 0 à 4 ans ; enfants en âge scolaire : 4 à 12 ans)

En Norvège, on obtient des résultats similaires. La situation a beaucoup évolué entre 2002 et 2010. Pour les enfants de moins d’un an, 84% des mères estiment que le meilleur système de garde est que l’enfant soit gardé uniquement par les parents contre 82% en 2010. Pour les enfants d’un an, 40% des mères en 2002 et 34% en 2010, estiment que l’enfant doit être gardé uniquement par ses parents. Pour les enfants de 2 ans, ces chiffres sont respectivement de 16% et 9%.

Les mères ne souhaitant comme mode de garde idéal que les crèches, garderies ou écoles maternelles sont une minorité en 2002 pour les enfants de moins d’un an (1%), d’un an (9%), de deux ans (24%), ceux de trois ans (41%) mais en 2010 ces chiffres sont respectivement de 1%, 18%, 55%, 72%. Une part importante des mères souhaitent combiner la garde par les parents ou d’autres solutions que les crèches collectives avec les gardes collectives : très peu souhaitent cette combinaison pour les enfants de moins d’un an (2% en 2002 et 3% en 2010), mais davantage pour les enfants d’un an (22% en 2002 contre 31% en 2010), pour les enfants de deux ans (38% contre 29%), pour les enfants de trois ans (44% contre 23%). En 2002, même pour des enfants âgés de 4 ou 5 ans, la moitié des mères souhaitent comme mode de garde idéal uniquement les gardes collectives, l’autre moitié ne souhaitant donc pas uniquement recourir à cette solution. Toutefois en 2010, seules 18% et 14% des mères souhaitent combiner pour les enfants de 4 ans et 5 ans respectivement. Quant au nombre d’heures de garde souhaitées, pour les enfants de moins de trois ans, moins de la moitié des mères souhaitent sept heures de gardes par jour. Même pour les enfants âgés de quatre ou cinq ans, 48% à 67% des mères souhaitent sept heures de garde. Sept heures de garde par jour sur cinq jours correspondent à 35 heures de gardes hebdomadaires. Pour les enfants de deux ans, 63% des mères en 2010 souhaitent moins de sept heures de garde par jour, ce chiffre étant encore plus élevé pour les enfants plus jeunes et en 2002. En tenant compte du temps de trajet, ces données suggèrent qu’une grande partie des mères dont le plus jeune enfant est âgé de 0 à 5 ans préfèrent ne pas travailler à temps plein.

Figure 9 : Les mères avec des enfants de 1 à 5 ans, selon le type de service de garde qui, selon elles, convient le mieux aux enfants de différents groupes d’âge en Norvège (2002 et 2010)

Effectif total en 2002 : 2879
Effectif total en 2010 : 2151

Source : Statistics Norway Oslo, page 64 in (Kitterød, Nymoen, & Lyngstad, 2012)

Suite…

Source : Statistics Norway Oslo, page 64 in (Kitterød, Nymoen, & Lyngstad, 2012)

En Hongrie, une étude révèle que 70% des mères approuvent l’absence des femmes du marché du travail pendant trois ans (Bencszik & Juhàsz, s.d.).

En Irlande, certes 60% des parents estiment qu’ils n’ont pas accès à des services de garde (de qualité)12 mais le retour au travail des mères est motivé dans 65% des cas par des raisons financières13 et dans 18% des cas par la carrière (Mcginnity, Murray, & McNally, 2013).

Au Luxembourg, en 2015, 73% des parents ayant pris un congé parental en sont satisfaits (TNS Ilres, 2015). Les motivations pour le congé parental sont, de loin, la relation parent-enfant (92%), le bien de l’enfant (92%). Par comparaison, le motif « pas de crèche trouvée, absence de crèche» n’est invoqué que dans 6% des cas, celui « horaire travail incompatible avec horaire crèche » l’est dans 10% des cas et enfin « moins cher que crèche » n’est avancé que dans 21% des cas.

Figure 10 : satisfaction et raisons du congé parental au Luxembourg en 2015

Source : Le congé parental au Luxembourg, Sondage d’évaluation pour le Ministère de la Famille, de l’Intégration et à la Grande Région en février 2015, conférence de presse du 2 mars 2015, TNS Ilres

En France, l’INSEE révèle que les motivations principales du congé parental à temps plein des mères sont avant tout de se consacrer à leur enfant, ces deux motifs étant cités par environ 90% des mères, soit la quasi-totalité. Par conséquent, au plus 10% des mères en congé parental à temps plein, ne le sont pas pour ces deux raisons combinées. Parmi les autres raisons figurant dans l’enquête, suivent le coût des modes de garde (pour 33% des mères) et le besoin de se remettre de la naissance (30%), puis l’incompatibilité entre les horaires de travail et les horaires des services d’accueil (17%) et l’absence de solution de garde à proximité (17%) (Govillot, 2013).

Figure 11 : Le congé parental des mères en France en 2010 : avant tout pour le bien de l’enfant

Les résultats de l’INSEE qui font foi par leur représentativité, valables pour la France, sont cohérents avec ceux de l’OCDE bien qu’ils ne portent pas sur le temps partiel mais sur le congé parental, le point commun étant qu’ils soulignent tous deux la prégnance des choix dans le retrait total ou partiel du marché du travail, bien qu’il ne faille pas ignorer que des contraintes persistent. Pour la première année consécutive à une naissance, les femmes s’arrêtent de travailler non pas tant par manque de crèches mais pour passer du temps avec leur enfant, ce qui montre qu’il s’agit davantage de choix familial que de contraintes familiales, comme le précise la sociologue Catherine Hakim : « Le mythe des problèmes de crèche comme obstacle principal à l’emploi des femmes est répandu dans la recherche militante »14 (Hakim, 1995). Les données de l’INSEE sont en effet issues du module complémentaire associé à l’enquête Emploi 2010, suite à la demande d’Eurostat, sur la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Il concerne les personnes âgées de 15 à 64 ans, vivant en ménage ordinaire. Au total, 24 302 personnes ont répondu à l’enquête. Le champ de l’étude est restreint aux 3 028 parents qui répondent, au moment de l’enquête, à certaines caractéristiques. Selon l’INSEE : « Il est peu probable que l’obtention d’une place en crèche ait permis à plus de 5% des mères qui en ont bénéficié de ne pas interrompre leur carrière. » (Pora, 2020).

Ces résultats obtenus en France quant au congé parental choisi (90%) sont cohérents avec d’autres travaux internationaux (notamment dans les pays anglo-saxons) faisant état des tensions et du peu de satisfaction en mariage des femmes qui ne veulent pas être sur le marché du travail mais en sont captives15 (Moen, 1992), expriment les plus bas niveaux de satisfaction quant à leur vie maritale16 (Hakim, 2004). Il convient de préciser que la liberté de choisir le temps de travail est un bon prédicteur de la satisfaction quant au mariage aux États-Unis, avec une plus grande satisfaction pour les femmes à temps partiel (Orden & Bradburn, 1969). Par ailleurs, « Dans la plupart des pays européens l’offre de service public de crèches est très étendu, étant en moyenne moins cher que l’offre du secteur privé (les familles à bas revenus reçoivent de plus grandes subventions) et de surcroît jouit d’une bonne notoriété quant à sa qualité. Néanmoins, malgré ces caractéristiques attractives, le recours au service public des crèches est vraiment limité. Plusieurs études ont tenté d’élucider ce mystère. »17 (Del Boca, Locatelli, & Vuri, 2005).

Toutefois, tous les pays ne sont pas dans la même situation quant à l’impact de l’offre de crèches sur la participation des femmes au marché du travail. En Italie, le taux d’emploi des femmes est nettement inférieur à la moyenne de l’Union européenne, 52,5% en Italie (quasiment 20 points de moins que celui des hommes en Italie) contre 66,5% dans l’UE (Eurostat, 2018). Dans des travaux menés sur l’Italie, l’impact de l’offre de crèches en tenant compte de subventions allant jusqu’à 100% (autrement dit la gratuité) ont été menés, en distinguant les territoires avec une offre limitée (taux d’emploi féminin initial de 40,8%) de ceux avec offre abondante (taux d’emploi féminin de 61,5%) : réduisant le coût de la garde (subvention de 100%) le taux d’emploi augmente légèrement dans le premier cas (+ 5,4 points) mais bondit dans le second cas, augmentant de 26,5 points (Del Boca & Vuri, 2007). Ces données suggèrent qu’une offre plus abondante de garde à un prix abordable est susceptible d’accroître très nettement le taux d’emploi féminin. Il faut préciser malgré tout que même dans les pays proposant des offres abondantes et subventionnées, le taux d’emploi féminin reste un peu inférieur au taux d’emploi masculin : tel est le cas en Suède (taux d’emploi de 83,8% pour les hommes en 2017 contre 79,8% pour les femmes), la Norvège (80,2% contre 76,2%), la Finlande (75,9% contre 72,4%) et le Danemark (80,2% contre 73,7%). Bien que plus resserrés les écarts persistent.

Figure 12 : Bonheur éprouvé dans le mariage par les époux en fonction du temps de travail et de son caractère choisi ou subi en 1963 (Orden & Bradburn, 1969)

Source : The data are drawn from personal interviewers by the NORC interviewing staff on the third wave of a longitudinal study of psychological well-being. Respondents were drawn from a probability sample of four communities, two within the Detroit metropolitan area and one each from the Chicago and the Washington metropolitan areas, as well as a fifth sample from the ten largest metropolitan areas in the United States

Dans la même veine, ce sont aussi les femmes qui préfèreraient faire moins d’heures mais ne le peuvent pas qui sont les plus insatisfaites au Royaume-Uni en 2000 (McGovern, Hill, Mills, & White, 2008). Précisons que McGovern et al. s’appuient sur un échantillon stratifié par adresse, ce qui assure une représentativité de qualité : environ 3 500 personnes sont interrogées en 1992 (taux de réponses de 71%) contre 2 100 en 2000 (taux de réponses de 65%).

Figure 13 : Insatisfaction moyenne en fonction des heures travaillées (échelle de 7 points), selon la préférence des hommes et des femmes

Source : Emplacement 2671, (McGovern, Hill, Mills, & White, 2008)

Au Royaume-Uni également, parmi les mères travaillant à temps partiel, seule une minorité souhaiterait travailler davantage selon des données administratives locales croisées avec des données d’enquêtes de 1999 (Paull, Taylor, & Duncan, 2002). Parmi les mères en couple travaillant à temps partiel dont le plus jeune enfant est âgé d’au plus trois ans, entre 8,8% et 12,1% souhaiteraient travailler davantage si des services de garde adaptés étaient disponibles mais ne le peuvent pas parce qu’elles doivent s’occuper de d’enfant(s), ces chiffres étant plus élevés pour les mères seules (22,4% à 25,4%) qui sont par ailleurs démographiquement minoritaires (en 2004, parmi les familles du Royaume-Uni ayant au moins un enfant âgé de moins de 16 ans ou de 16 à 18 ans scolarisé, les familles monoparentales représentent le quart des effectifs18). Selon Paull, Taylor et Duncan, cela signifie que la vaste majorité des mères travaillant à temps partiel sont satisfaites du nombre d’heures effectuées et que le manque de crèches n’est pas une contrainte pour une immense majorité d’entre elles19. Par ailleurs, 20,8% à 25,4% des mères en couple travaillant à temps partiel dont l’âge du plus jeune enfant est entre 4 et 11 ans déclarent vouloir travailler davantage mais ne pas être en mesure de le faire du fait de devoir s’occuper d’enfant(s), ces chiffres étant aussi plus élevés pour les mères seules (35,8% à 39,9%), groupe démographiquement minoritaire. Cela signifie que la vaste majorité du temps partiel est véritablement choisi. Ces résultats sont cohérents avec ceux de l’OCDE dont la validité externe paraît mieux assurée.

Figure 14 : Perception des mères en emploi à temps partiel de l’impact des contraintes maternelles sur les heures travaillées

Source : Family Resources Survey. The FRS is an annual cross-section survey of approximately 25,000 British households in each year. The survey collects a wide range of data on family circumstances, employment, income and childcare use. Five years of FRS data are used from the 1994/95 survey to the 1998/99 survey, generating a sample of 74,604 non-retired women, including 31,422 mothers with dependent children.

L’appétence des femmes au Royaume-Uni pour le temps partiel est confirmée par d’autres travaux20 (Booth & van Ours, 2008), en particulier le travail de moins de 30 heures hebdomadaires21, les heures supplémentaires les rebutant.

À partir des données canadiennes de 1989, à savoir la source Labour Market Activity Survey (LMAS), 27% des femmes sont à temps partiel et parmi elles 85% sont à temps partiel volontaire (Barrett & Doiron, 2001).

En Allemagne, à partir de Socioeconomic Panel de 1992 à 1998, l’on constate également que « la satisfaction dans la vie des mères dans les années suivant la naissance d’un enfant est particulièrement élevée quand elles occupant un emploi à temps partiel après la naissance»22 (Holst & Trzcinski, 2003). Globalement, à nombre d’enfants donné, la satisfaction est plus élevée à temps partiel, puis en non-emploi et enfin à temps plein.

Figure 15 : Satisfaction dans la vie des femmes et des mères en Allemagne dans l’intervalle allant d’une année précédant la naissance à cinq années après

Au Danemark, en 2012, 23,7% des femmes à temps partiel sont à temps partiel faute d’avoir trouvé un travail à temps plein contre 28,8% en Finlande, 27,3% en Islande, 18,9% en Norvège et 24,9% en Suède (Lanninger & Sundström, 2014), en s’appuyant sur la source Eurostat. Ainsi, parmi les femmes à temps partiel de ces pays nordiques les trois quarts l’ont choisi.

Ce caractère massivement choisi du temps partiel se reflète dans la satisfaction en emploi (source European Social Survey (ESS)). Dans les pays nordiques en 2010 (Lanninger & Sundström, 2014) la part de femmes très satisfaites en emploi est proche pour les femmes travaillant à temps plein et pour celles à temps partiel (respectivement 50,5% et 51,6% au Danemark, 28,2% et 32,9% en Finlande, 38,4% et 33% en Norvège, 30,5% et 25,7% en Suède). Au Danemark, 96,8% des femmes en emploi travaillant à temps plein sont satisfaites ou très satisfaites contre 96% de celles à temps partiel. Ces chiffres sont aussi élevés en Finlande (94,5% pour celles à temps plein contre 89,1% pour le temps partiel) et en Norvège (94,7% contre 86,9%). En Suède, 90,2% des femmes se disent satisfaites ou très satisfaites parmi celles exerçant à temps plein contre 83,5% de celles à temps partiel.

Figure 16 : Satisfaction dans l’emploi principal des femmes à temps plein et à temps partiel parmi les travailleurs de 20 à 64 ans au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède en 2010

Les femmes néerlandaises sont les plus heureuses d’Europe et leurs enfants aussi. Or, les femmes néerlandaises sont celles qui sont le plus à temps partiel (75%) et déclarent être satisfaites de la répartition des tâches avec leur conjoint (78%) (Stellinga, 2009).

Figure 17 : Part d’hommes et de femmes dont la satisfaction dans la vie est au-dessus de la moyenne dans les pays de l’OCDE en 1999 et 2002

https://www.oecd.org/sdd/37964668.pdf

Figure 18 : Temps partiel féminin dans les pays de l’OCDE : record aux Pays-Bas

Source : OCDE

Aux Pays-Bas, les femmes en couple travaillant à temps partiel ont des niveaux de satisfaction en emploi élevé, et sont peu enclines à modifier leurs heures travaillées, les résultats suggérant que le travail à temps partiel est ce que recherchent la plupart des femmes néerlandaises (Booth & van Ours, 2010). Les chercheurs s’appuient sur des données de panel collectées sur internet (par CentER) ; tous les individus âgés de 16 ans ou plus sont interrogés sur leur travail, leur revenu, leur santé et leurs caractéristiques démographiques. Des questions leur sont posées quant à leur satisfaction dans la vie, ainsi que leur état de santé. Dans les résultats bruts, les femmes apparaissent plus heureuses que les hommes quelle que soit la tranche de volume de travail. Les hommes sont moins satisfaits quand ils travaillent moins.

À l’aide d’un modèle logit ordonné, en introduisant un effet fixe sur les individus, Booth et van Our parviennent à certaines conclusions qui neutralisent des effets de structure. Le niveau de satisfaction des hommes est plus élevé s’ils travaillent plus de 20 heures par semaine (temps partiel long ou temps plein). Ils préfèrent que leur épouse soit à temps partiel, quoique l’introduction du revenu du ménage dans la spécification réduit l’impact des heures travaillées, en particulier la satisfaction dans la vie des hommes n’est plus influencée par le volume horaire de leur partenaire (variable devenant non significative). Quant aux femmes, seule leur santé compte ; leur satisfaction dans la vie ne dépend ni du fait qu’elles travaillent ni du nombre d’heures travaillées.

Booth et van Our précisent qu’aux Pays-Bas, en 2007 seules 3% des femmes à temps partiel préfèrent travailler à temps plein. Le temps partiel y est donc choisi dans la quasi-totalité des cas.

Puis Booth et van Our utilisent un échantillon représentatif des ménages aux Pays-Bas (panel de l’offre de travail OSA). Cet échantillon est cylindré pour correspondre à celui du CentER précédemment utilisé. Ne sont retenues que les femmes âgées de 22 à 49 ans en 1992, les couples dont l’homme est âgé de plus de 60 ans en 2006 sont exclus. Cette fois, les données contiennent des informations sur la satisfaction au travail. La satisfaction au travail des femmes croît légèrement avec le volume de travail. Celle des hommes est la plus basse quand ils travaillent entre 21 et 32 heures par semaine. Les hommes travaillant plus de 40 heures par semaine ont le niveau de satisfaction le plus élevé. En utilisant un modèle logit à effets fixes, les chercheurs retrouvent à nouveau que la satisfaction des hommes est la plus basse quand ils travaillent entre 21 et 32 heures par semaine mais leur plus haut niveau de satisfaction est cette fois quand ils travaillent moins de 21 heures par semaines, mais il faut préciser qu’aucun des paramètres relatifs aux tranches horaires de temps de travail n’est significativement différent de zéro. Quant aux femmes, leur plus haut niveau de satisfaction est atteint quand elles travaillent entre 33 et 40 heures par semaine.

Environ 9% des femmes veulent augmenter leur temps de travail alors que 12% veulent le réduire. Pour les hommes, ces chiffres sont respectivement de 12% et 21%. À l’aide d’un modèle logit à effets fixes, dans lequel la variable dépendante est le fait de vouloir travailler plus ou l’inverse, les chercheurs analysent enfin les préférences en termes d’heures de travail. Plus on travaille moins on a envie d’augmenter ses heures de travail. De même, moins on travaille, moins l’on souhaite diminuer son volume de travail. Booth et van Our estiment donc le point d’équilibre où les préférences sont telles qu’on ne souhaite ni augmenter ni diminuer son temps de travail : en d’autres termes il s’agit de la durée optimale de travail hebdomadaire. Entre 1985 et 2006, cette durée optimale diminue pour les hommes passant de 36,9h à 32,5h alors qu’elle reste stable pour les femmes à 21,7h. Les chercheurs concluent que les femmes en couple aux Pays-Bas ont un niveau de satisfaction au travail élevé et qu’elles ne désirent pas vraiment changer leurs heures de travail. Selon les auteurs, deux points de vue s’opposent quant à l’efficience du temps partiel féminin. Un point de vue négatif, consiste à déplorer le gaspillage de ressources humaines et la sous-utilisation du capital humain puisque nombre de femmes travaillant à temps partiel sont très éduquées. Mais les auteurs signalent qu’un point de vue positif réside dans le fait que le taux d’emploi féminin serait nettement moindre en l’absence de temps partiel, eu égard au fait que si l’alternative au travail à temps plein n’était que de quitter le marché du travail, beaucoup de femmes choisiraient alors de s’en retirer. Enfin, les auteurs s’appuient sur une enquête d’emploi du temps de 2000 à 2005, pour évaluer s’il y a une division sexuée du travail domestique. Les données montrent que le temps de travail domestique (vaisselle, ménage, aspirateur, arrosage etc.) des hommes est peu sensible au temps de travail rémunéré, ce qui n’est pas le cas pour les femmes. Pour celles-ci, une hausse d’une heure de travail marchand engendre une baisse de seulement une demi-heure de travail domestique, ce qui est cohérent avec l’idée de division genrée du travail. Selon les chercheurs, le statu quo semble satisfaire hommes et femmes. La satisfaction des femmes au travail, et en particulier à temps partiel, est un résultat cohérent avec les données de l’OCDE.

S’agissant de l’Australie, Booth et van Our en 2009 montrent en s’appuyant sur des données de panel que la satisfaction dans la vie des femmes diminue quand elles travaillent à temps plein, tout particulièrement quand elles travaillent au-delà des 40h par semaine. En revanche, leur satisfaction dans la vie augmente quand leur partenaire travaille à temps plein et plus particulièrement entre 35h et 50h par semaine. Hommes et femmes sont satisfaits quand l’homme travaille entre 35h et 50h. La satisfaction des hommes ne varie pas, que leur femme travaille à temps partiel ou non. En revanche, les femmes sont plus heureuses à temps partiel. Ce résultat pour l’Australie est conforme à ce qu’on trouve dans bien d’autres pays socio-économiquement comparables. D’autres travaux aboutissent à des résultats analogues pour l’Australie à savoir le niveau de satisfaction des personnes travaillant à temps partiel (8), quant à l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, est plus élevé, que celui des personnes à temps plein (7,1) (Luppi & Arpino, 2016). Le plus haut niveau de satisfaction est ainsi atteint lorsqu’il y a combinaison de modes de garde payant (crèches) et gratuit c’est-à-dire informel (grands-parents, famille, amis) qui permet une flexibilité.

Figure 19 : Effet de la part d’offre de garde gratuite au sein de l’ensemble des modes de garde sur la satisfaction de l’équilibre entre vie professionnelle et familiale

Source : The Household Income and Labour Dynamics in Australia, panel représentatif des ménages australiens entre 2003 et 2013, avec 1811 mères en couple correspondant à 5577 observations (Luppi & Arpino, 2016)

S’agissant du Royaume-Uni, Booth et van Our en 2008, montrent, en s’appuyant sur des données de panel, que les femmes sont satisfaites d’être à temps partiel, même si cela n’augmente pas leur satisfaction dans la vie. La satisfaction dans la vie des femmes sans enfants ne dépend pas du volume de travail alors que les femmes ayant des enfants sont plus heureuses en ayant un travail. On sait qu’en 2004 au Royaume-Uni, 79% des femmes travaillant à temps partiel ne veulent pas se mettre à temps plein (Gregory & Connolly, 2008). Mis en perspective, les résultats du Royaume-Uni sont comparables aux tendances trouvées dans les autres pays occidentaux.

Ces résultats – l’appétence relative d’une partie des femmes pour le temps partiel – apparaissent concordants dans de nombreuses études23 (Hakim, Key Issues in Women’s Work: Female Diversity and the Polarisation of Women’s employment, 2004), la revue de littérature de la sociologue Catherine Hakim en donnant un aperçu (pages 69 à 73), en précisant que la quasi-totalité du travail à temps partiel est volontaire, en ce sens qu’il est préféré au temps plein, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Irlande, au Danemark et aux Pays-Bas, l’Irlande faisant exception. En effet, ces résultats sont cohérents avec d’autres revues de littérature : “Finally, increased usual hours of work are often associated with lower job satisfaction of women but not of men” (Bender, Donohue, & Heywood, 2005).

En 1992 et en 2000, au Royaume-Uni, la part de femmes totalement satisfaites ou très satisfaites de leur volume horaire est plus élevée que celle des hommes qui disent complètement ou très satisfaits de leur volume horaire (McGovern, Hill, Mills, & White, 2008) : cette part a diminué chez les hommes et chez les femmes entre les deux années24, mais le recul est plus marqué chez les femmes, ce qui signifie que la part de femmes satisfaites était nettement supérieure en 1992, le différentiel avec les hommes s’étant resserré en 2000. Un sondage (un millier de femmes et un millier d’hommes interrogés)25 concerne le volume de travail préféré des salariés, par sexe et par structure familiale en 2000 au Royaume-Uni : 71% des femmes en couple déclarent préférer travailler les mêmes heures et conserver leur salaire tel quel alors que 15% voudraient travailler plus et gagner plus. Pour les hommes en couple ces chiffres sont respectivement 65% et 23% (McGovern, Hill, Mills, & White, 2008). S’agissant des femmes seules, ces chiffres sont respectivement 63% et 29% (contre 55% et 38% pour les hommes seuls). Il apparaît ainsi que la vaste majorité des salariés sont satisfaits de leurs heures et les hommes sont plus nombreux à souhaiter travailler plus et gagner plus. Par ailleurs, 10% des femmes en couple souhaitent travailler moins et gagner moins (9% des hommes en couple). McGovern, Hill, Mills, & White évoquent comme piste d’explication l’élévation du niveau d’exigence, à mesure que les conditions de vie s’améliorent et que le niveau d’éducation s’élève. Le déclin de la satisfaction ne traduirait pas tant une dégradation des conditions de vie qu’une hausse des attentes. Près d’un tiers des femmes demandent à réduire leur temps de travail, ce qu’elles obtiennent dans 90% des cas alors qu’un homme sur neuf le demande, les deux tiers l’obtenant26.

Le rôle des facteurs institutionnels ne peut être pour autant éludé, mais seulement considérablement nuancé. La réforme du temps scolaire, pour les élèves d’école maternelle ou primaire, mise en place en France en 2013, a ainsi pu servir d’expérience naturelle pour apprécier la réaction des mères de jeunes enfants lorsque ceux-ci avaient dorénavant cours le mercredi. Sur l’impact des contraintes institutionnelles, les travaux économétriques montrent que « la réforme a permis à un plus grand nombre de femmes de travailler le mercredi, entraînant, en moins de deux ans, une réduction d’un tiers de leur différentiel de participation ce jour de la semaine par rapport aux femmes du groupe de contrôle », cependant « les mères n’augmentent pas leurs heures de travail hebdomadaires totales » et aucun impact sur leurs salaires n’a pu être constaté à court terme (Van Effenterre, 2017).

Au Danemark, les règles de congé maternité et paternité prévoient que les femmes ont droit à 18 semaines de congé de maternité, tandis que les hommes ont droit à deux semaines de congé de paternité pendant les 14 premières semaines après la naissance (Olsen, 2007). Pour ces 20 semaines au total, une allocation journalière est versée aux parents. Après les 14 semaines après la naissance, chaque parent a le droit de partir jusqu’à 32 semaines, mais ensemble ils n’ont droit qu’à 32 semaines d’allocation. De plus, des options modulables sont prévues (report jusqu’à ce que l’enfant ait 9 ans, prolongation du congé, temps partiel). Les femmes prennent le plus de congés – les couples sont satisfaits de la répartition. L’étude montre qu’un peu plus de la moitié des femmes prennent le congé auquel a droit le couple de parents, un quart des femmes prennent un peu moins que ce à quoi elles ont droit et un autre quart des femmes partagent le congé avec leur partenaire masculin. Mais la répartition des congés selon le sexe ne signifie pas que les pères et les mères ne sont pas satisfaits de leur partie. Jusqu’à 100% des femmes et des hommes répondent qu’ils sont satisfaits de la répartition. 68% des couples de parents prennent tous leurs congés parentaux avec les allocations auxquels ils ont droit. Cependant, il existe des différences importantes dans le recours au congé entre les mères et les pères. Les mères prennent 92% et les pères 8% des congés accordés aux couples pour les enfants. Toutes les femmes prennent le congé de maternité de 14 semaines et 89% des hommes bénéficient d’un congé de paternité de deux semaines. Après les 14 semaines de congé de maternité, 94% des femmes prolongent leur congé sous la forme d’un congé parental, tandis qu’un quart des hommes prennent un congé parental. Les femmes détiennent en moyenne 28 semaines de congé parental partageable entre les parents et les hommes 8 semaines de congé parental sur un total de 32 semaines. Seulement 6% des hommes utilisent une ou plusieurs des trois options modulables (report, prolongation ou reprise du travail à temps partiel) dans les règles relatives aux congés contre 36% des femmes. Dans le rapport, il a été demandé aux parents s’ils aimeraient avoir une réforme rendant obligatoire une partie du congé pour la mère, une partie pour le père et une période de liberté de répartition du congé entre les parents. 60% des hommes et 72% des femmes ne préconisent pas l’affectation mais une grande minorité des hommes le font (37%). Il a également été demandé aux parents s’ils étaient satisfaits de leur répartition des congés dans le couple parental, et presque tous les hommes et les femmes répondent positivement : 98% des hommes et 99% des femmes sont satisfaits. L’importance de la flexibilité transparaît dans l’étude : 31,9% des mères (contre 3,8% des pères) sont d’accord avec la proposition suivante : « Il était important pour moi de pouvoir reporter le congé pour plus tard si des choses imprévues arrivent à l’enfant » [tableau 2.13 in (Olsen, 2007)].

Le temps partiel est associé à une préférence relative pour la flexibilité par rapport à une rémunération élevée ou des promotions27 (Hakim, 1995).

Bien que le temps partiel féminin soit moins prégnant en Finlande, la part de femmes à temps partiel soit moins de 30h par semaine (16%) est le double de celle des hommes (8%) en 2007 et seule une femme sur dix évoque les gardes d’enfant comme motif du temps partiel (Marin & Zólyomi, 2017).

Cependant, il est intéressant de noter quelques contre-exemples quant à la préférence du temps partiel.

Le travail à temps partiel n’a ni d’effet positif ni d’effet négatif sur la satisfaction des femmes au Chili (Montero & Rau, 2015), mais l’impact du temps partiel sur la satisfaction dans la vie est négatif.

Dans le cas du Honduras (López Bóo, Madrigal, & Pagés, 2009) où les hommes préfèrent le temps plein au temps partiel sans surprise, mais contrairement à ce qui est observé dans les pays développés, globalement les femmes n’ont pas de préférences pour le temps partiel (cependant il y a de l’hétérogénéité) et en particulier les femmes pauvres du Honduras préfèrent le temps plein. Sans prendre en compte les revenus, hommes et femmes préfèrent le travail à temps plein mais en prenant en compte les revenus, la préférence des femmes pour le travail à temps plein apparaît nettement moins marquée que celle des hommes. Il y a donc de l’hétérogénéité. Ces résultats proviennent d’un sondage représentatif de 2007 d’environ 8 300 individus. De façon intéressante, les femmes mariées du Honduras n’ont pas une préférence pour le temps partiel contrairement aux femmes seules, ce qui pourrait s’expliquer par de plus grands besoins de ressources en présence d’enfants. Ce résultat est opposé à ce qu’on a tendance à trouver dans les pays développés où le temps partiel tend à augmenter avec la présence d’enfants, quoiqu’on trouve des contre-exemples en Autriche (Dearing, Hofer, Lietz, Winter-Ebmer, & Wrohlich, 2007). D’ailleurs, les femmes pauvres ont une préférence pour le temps plein, ce qui traduit l’effet de la contrainte budgétaire. Sans surprise, les hommes mariés ont une forte préférence pour le travail à temps plein et surtout leur préférence pour de longues heures est nettement plus marquée par rapport aux femmes. Un résultat intéressant est aussi qu’il n’y a pas de différence de préférences pour le temps partiel entre les salariés et les non-salariés.

Ces données suggèrent que ce qui est vrai pour les pays développés ne l’est pas forcément pour les pays en voie de développement, de façon analogue au paradoxe du genre en sciences, mais on retrouve tout de même un ancrage plus marqué des hommes dans la sphère professionnelle, en particulier par le taux d’emploi et le volume horaire effectué ou préféré. Plus spécifiquement, s’agissant du volume horaire, même à temps plein un différentiel est constaté. En France, « même lorsque les femmes travaillent à temps complet, leur temps de travail est plus faible lorsqu’elles ont des enfants à charge alors que la durée du travail des hommes n’est réduite que s’ils élèvent seuls leurs enfants » (Sautory & Zilloniz, 2015) ou encore « même lorsqu’on restreint l’analyse aux temps complets, les durées travaillées des hommes salariés sont supérieures : 1730 heures pour les hommes, 1600 heures pour les femmes, soit 8% de moins » (Askenazy, Cohen, & Senik, 2017).

En examinant les heures excessives de travail, on peut s’apercevoir que les femmes ont tendance à ne pas souvent réaliser des heures excessives de travail dans les pays développés, alors qu’elles sont davantage exposées à ces heures excessives (OIT, 2011) dans des pays en voie de développement ou en transition (Arabie saoudite, Éthiopie, Jordanie, Nigéria, Pérou, Philippines, Thaïlande et Turquie) : plus on progresse économiquement, plus les femmes ont tendance à se mettre à temps partiel [cf. figure 11 in (OIT, 2011)].

Conclusion

La majeure partie du temps partiel féminin est volontaire, que ce soit par mesure directe de façon déclarative (aux deux tiers selon l’enquête emploi) ou indirecte en raison des souhaits formulés par les demandeuses d’emploi (un quart de demande de temps partiel). Le temps partiel principalement choisi se retrouve largement dans les pays de l’OCDE (OCDE, 2010). Cette tendance ne se limite donc pas à la France. En particulier, le temps partiel des fonctionnaires d’État apporte un éclairage car le temps partiel n’y est pas imposé mais intégralement choisi par les agents titulaires. La similitude des chiffres entre temps partiel choisi dans le secteur privé et temps partiel par définition choisi dans la fonction publique d’État, confirme que le temps partiel choisi du privé ne masque probablement pas un temps partiel familial qui aurait été subi faute d’emploi à temps plein en cas de disponibilité en l’absence de raisons familiales. Le doute est d’autant mieux dissipé par les mesures de satisfaction, en particulier aux Pays-Bas dont les femmes sont à la fois comparativement les plus à temps partiel mais aussi les plus satisfaites d’Europe. Il ne s’agit pas là d’une simple corrélation mais bien d’une causalité mise en évidence par des travaux approfondis (Booth & van Ours, 2010). L’insuffisance éventuelle des moyens de garde n’explique pas l’essentiel du volume horaire, comme le montre le cas du Royaume-Uni : parmi les mères à temps partiel, neuf sur dix ne souhaiteraient pas augmenter leur volume horaire en dépit d’une offre de garde d’enfants quand elles ont un partenaire et trois sur quatre sont dans ce cas dans les familles monoparentales (Paull, Taylor, & Duncan, 2002). Néanmoins, il reste une minorité de femmes à temps partiel qui souhaitent accroître le temps de travail. Elles sont ainsi plus nombreuses que les hommes à être dans ce cas.

S’agissant du congé parental, il relève dans 90% des cas du choix des mères (Govillot, 2013). Désormais, l’offre d’accueil des jeunes enfants ne modifie la décision de se retirer de l’emploi que pour une infime partie des mères (Pora, 2020), sans doute parce que les mères préfèrent souvent demeurer auprès des jeunes enfants et aussi parce que l’offre a augmenté au fil des années.

Bibliographie

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