Roger-Pol Droit et Monique Atlan: «Il y a une fragilité de la démocratie liée à la parole»

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Roger-Pol Droit et Monique Atlan: «Il y a une fragilité de la démocratie liée à la parole»

Read More  Réservé aux abonnésENTRETIEN – Wokisme, réseaux sociaux, moralisation de la langue… Le philosophe et la journaliste nous alertent sur la violence et la perte de sens de nos mots. Dire ou ne pas dire… À l’ère des réseaux sociaux, du wokisme et de la violence des mots, Monique Atlan, journaliste, essayiste, et Roger Pol-Droit, docteur en philosophie, auteur d’une quarantaine d’ouvrages, publient Quand la parole détruit (Éditions de l’Observatoire), un essai dans lequel ils réfléchissent et nous alertent sur la crise de la parole. LE FIGARO – «Nous n’avons jamais autant parlé dans l’histoire», écrivez-vous. Et nous n’avons jamais aussi peu écouté. Comment l’expliquer? Monique ATLAN et Roger-Pol DROIT. – On écoute moins, et c’est pourquoi, tout en parlant plus, on parle moins. L’immense inflation de la parole à travers les innombrables machines et moyens de communication produit une sorte de corrosion de la parole. Pour avoir le sentiment d’exister, il faut désormais donner son avis sur tout et s’autoproclamer expert en tout domaine. Cette obligation de parler s’accompagne d’un désinvestissement de ce qui est dit. «Je dis ça, je dis rien» est la maxime de l’époque. Dans… Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 85% à découvrir. 

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ENTRETIEN – Wokisme, réseaux sociaux, moralisation de la langue… Le philosophe et la journaliste nous alertent sur la violence et la perte de sens de nos mots.

Dire ou ne pas dire… À l’ère des réseaux sociaux, du wokisme et de la violence des mots, Monique Atlan, journaliste, essayiste, et Roger Pol-Droit, docteur en philosophie, auteur d’une quarantaine d’ouvrages, publient Quand la parole détruit (Éditions de l’Observatoire), un essai dans lequel ils réfléchissent et nous alertent sur la crise de la parole.

LE FIGARO – «Nous n’avons jamais autant parlé dans l’histoire», écrivez-vous. Et nous n’avons jamais aussi peu écouté. Comment l’expliquer?

Monique ATLAN et Roger-Pol DROIT. – On écoute moins, et c’est pourquoi, tout en parlant plus, on parle moins. L’immense inflation de la parole à travers les innombrables machines et moyens de communication produit une sorte de corrosion de la parole. Pour avoir le sentiment d’exister, il faut désormais donner son avis sur tout et s’autoproclamer expert en tout domaine. Cette obligation de parler s’accompagne d’un désinvestissement de ce qui est dit. «Je dis ça, je dis rien» est la maxime de l’époque. Dans…

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