Sur les transidentités, la nécessité d’un débat apaisé

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Sur les transidentités, la nécessité d’un débat apaisé

Read More  Ces dernières années, dans de nombreux pays d’Europe et du monde, se pose la question de la place à accorder aux personnes transgenres, qui viennent bousculer la construction binaire de nos sociétés. Faut-il consacrer le droit à l’« autodétermination de genre », qui permet de se voir reconnaître homme ou femme sans diagnostic médical ? Quelles modalités mettre en place pour modifier l’état civil ? Selon quels principes autoriser ou non l’accès aux droits reproductifs, à la filiation, après un changement de genre ? Ces débats cristallisent des tensions très fortes, comme on a pu le voir en Espagne, où le vote, le 16 février, d’une loi permettant de changer librement de genre dès l’âge de 16 ans, sur simple déclaration, a provoqué la colère d’une partie du mouvement féministe. En France, c’est un autre sujet qui fait polémique depuis plusieurs mois : celui de l’accompagnement des mineurs en questionnement de genre, et en particulier leur prise en charge médicale. Certains intellectuels s’élèvent régulièrement contre une « dérive » supposée en la matière. Dernier épisode en date : la publication, sur le site de la Caisse d’allocations familiales (CAF), d’une page intitulée « Mon enfant est transgenre, comment bien l’accompagner ? » a provoqué l’envoi d’une lettre ouverte au ministre de la santé, titrée « La CAF doit cesser de promouvoir l’idéologie trans ! », publiée le 16 février dans Le Figaro. Parmi les 80 signataires se trouvent des personnalités comme la philosophe Elisabeth Badinter ou le gynécologue René Frydman, ainsi que les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson, cofondatrice de l’Observatoire de la petite sirène. Ces deux dernières mènent l’offensive sur ce sujet qui les préoccupe, comme en témoigne leur ouvrage La Fabrique de l’enfant transgenre (éd. de L’Observatoire, 2022). Elles formulent notamment « l’hypothèse, corroborée par d’autres auteurs, que la transidentité (le besoin de vivre dans un genre différent du “sexe assigné à la naissance”) relève d’une subculture idéologique contagieuse via les réseaux sociaux, se rapprochant par maints aspects de l’emprise sectaire ». Accusées de transphobie, elles ont été empêchées par des militants de présenter leur livre lors de conférences à Lille et à Bruxelles. Lire aussi l’entretien : Article réservé à nos abonnés « Pour beaucoup de personnes trans, la transphobie est si fréquente et si grave que son expérience est totale » Les deux autrices affirment que, « aujourd’hui, il suffit de vouloir changer de sexe avec le blanc-seing du corps médical afin de le pouvoir ». Alertant sur les risques liés au changement de genre des enfants, et contre les dommages « irréversibles » de certains traitements, elles interrogent : « Allons-nous assister au premier grand scandale médical et éthique du XXIe siècle avec les traitements dispensés aux mineurs qui souhaitent changer de sexe ? » Il vous reste 53.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. 

Ces dernières années, dans de nombreux pays d’Europe et du monde, se pose la question de la place à accorder aux personnes transgenres, qui viennent bousculer la construction binaire de nos sociétés. Faut-il consacrer le droit à l’« autodétermination de genre », qui permet de se voir reconnaître homme ou femme sans diagnostic médical ? Quelles modalités mettre en place pour modifier l’état civil ? Selon quels principes autoriser ou non l’accès aux droits reproductifs, à la filiation, après un changement de genre ? Ces débats cristallisent des tensions très fortes, comme on a pu le voir en Espagne, où le vote, le 16 février, d’une loi permettant de changer librement de genre dès l’âge de 16 ans, sur simple déclaration, a provoqué la colère d’une partie du mouvement féministe.

En France, c’est un autre sujet qui fait polémique depuis plusieurs mois : celui de l’accompagnement des mineurs en questionnement de genre, et en particulier leur prise en charge médicale. Certains intellectuels s’élèvent régulièrement contre une « dérive » supposée en la matière. Dernier épisode en date : la publication, sur le site de la Caisse d’allocations familiales (CAF), d’une page intitulée « Mon enfant est transgenre, comment bien l’accompagner ? » a provoqué l’envoi d’une lettre ouverte au ministre de la santé, titrée « La CAF doit cesser de promouvoir l’idéologie trans ! », publiée le 16 février dans Le Figaro.

Parmi les 80 signataires se trouvent des personnalités comme la philosophe Elisabeth Badinter ou le gynécologue René Frydman, ainsi que les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson, cofondatrice de l’Observatoire de la petite sirène. Ces deux dernières mènent l’offensive sur ce sujet qui les préoccupe, comme en témoigne leur ouvrage La Fabrique de l’enfant transgenre (éd. de L’Observatoire, 2022). Elles formulent notamment « l’hypothèse, corroborée par d’autres auteurs, que la transidentité (le besoin de vivre dans un genre différent du “sexe assigné à la naissance”) relève d’une subculture idéologique contagieuse via les réseaux sociaux, se rapprochant par maints aspects de l’emprise sectaire ». Accusées de transphobie, elles ont été empêchées par des militants de présenter leur livre lors de conférences à Lille et à Bruxelles.

Lire aussi l’entretien : Article réservé à nos abonnés « Pour beaucoup de personnes trans, la transphobie est si fréquente et si grave que son expérience est totale »

Les deux autrices affirment que, « aujourd’hui, il suffit de vouloir changer de sexe avec le blanc-seing du corps médical afin de le pouvoir ». Alertant sur les risques liés au changement de genre des enfants, et contre les dommages « irréversibles » de certains traitements, elles interrogent : « Allons-nous assister au premier grand scandale médical et éthique du XXIe siècle avec les traitements dispensés aux mineurs qui souhaitent changer de sexe ? »

Il vous reste 53.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

 

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