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Le scandale du cis-platine: halte à la trans-LGBTQ+phobie des chimiothérapies anticancéreuses !

Pr Joseph Ciccolini

L’arsenal thérapeutique anticancéreux s’est considérablement renforcé au cours des 20 dernières années avec, au-delà des innovations incrémentielles mettant constamment à la disposition du thérapeute de nouvelles molécules, des innovations de rupture (thérapies ciblées orales, anti-angiogéniques, biothérapies, immunothérapie, nano-médicaments, thérapies cellulaires) permettant aujourd’hui une meilleure prise en charge du patient atteint de cancer (1).

L’arrivée de ces nouvelles classes médicamenteuses n’occulte toutefois pas le rôle central que joue encore la chimiothérapie cytotoxique, qui constitue la base d’un grand nombre de protocoles thérapeutiques, tant dans la prise en charge des tumeurs solides qu’en onco-hématologie.  La plupart du temps, les innovations thérapeutiques les plus récentes viennent renforcer une ligne de traitement pré-existante reposant sur de la chimiothérapie classique. Ainsi, les derniers anti-angiogéniques ou les inhibiteurs de point de contrôle de l’immunité sont d’autant plus efficaces qu’ils sont associés à des molécules cytotoxiques, elles-mêmes le plus souvent issues de la R&D pharmaceutique de la seconde partie du vingtième siècle. Le 5-FU, le méthotrexate, les taxanes ou encore les sels de platine sont ainsi des molécules aujourd’hui irremplaçables dans un grand nombre d’indication, tant en oncologie adulte que pédiatrique.

Il n’en est que plus regrettable que parmi ces molécules de chimiothérapie largement prescrites se cache une entité qui ne craint pas de déclarer Urbi et Orbi son plus profond mépris pour la diversité de genre et d’orientation sexuelle. Cette molécule est le cis-platine ([Pt(NH3)2Cl2] cis-diaminedichloroplatine),  dont le nom même est un signe d’oppression du patriarcat blanc dominant occidental et donc d’une trans-LGBTQ+-phobie des plus viles (2).

Les propriétés antiprolifératives des sels de platine ont été découvertes par sérendipité dans les sixties par un certain Barnett Rosenberg de l’université du Michigan, ce qui témoigne de l’origine probablement sioniste de cette oppression patriarcale voulant imposer une binarité artificielle dans la conception du genre et des orientations sexuelles.  En outre, que Barnett Rosenberg passe ses journées à faire de la recherche dans un laboratoire d’une université américaine dans les années 60’s au lieu de poser des bombes avec les Weathermen pour détruire l’Occident capitaliste comme tous les autres fils-à-papa friqués du moment, est déjà en soi un aveu clair de culpabilité.

Quoiqu’il en soit et malgré cet atavisme désastreux, le cis-platine est arrivé sur le marché aux USA à la fin des années 70’s et en Europe dans les années 80’s, et s’est rapidement imposé depuis comme une molécule de référence dans la prise en charge de nombreuses tumeurs solides tels les cancers du sein, ORL, vessie, testicules, ovaires, et poumon-non-à-petites-cellules, faisant ainsi montre d’une hégémonie des plus scandaleuses.

Le cis-platine est un agent alkylant, formant des adduits dans les brins d’ADN des cellules cancéreuses et entrainant par là leur mort cellulaire, un mécanisme d’apoptose sur lequel repose son activité antiproliférative et son efficacité clinique chez le patient atteint de cancer.  Le nom de cis-platine vient de la position des deux atomes de chlore par rapport au platine central dans une configuration tétragonale.

Or, le monde libre a le droit de savoir qu’il existe également un isomère de trans-platine où les deux atomes de chlore, comme les deux molécules d’ammoniac, sont cette fois mutuellement disposés de part et d’autre du platine central (Figure 1).

Figure 1 : le dominant (à gauche) et la minorité opprimée (à droite)

Il n’aura échappé à personne que le trans-platine végète dans l’anonymat le plus complet, là où le cis-platine caracole de façon insolente en tête des molécules de chimiothérapie les plus prescrites au monde.

Le malheureux trans-platine lui, ostracisé, stigmatisé, nié dans sa singularité de genre, n’a jamais été proposé aux patients comme un médicament anticancéreux de premier plan, et ce quelle que soit la localisation tumorale.

Les esprits chagrins objecteront que c’est peut-être simplement parce que le trans-platine, à la différence du cis-platine, n’a pas, lui, la capacité de créer des adduits avec l’ADN tumoral, et de ce fait, ne présente aucune espèce d’efficacité anticancéreuse (3). 

Balayons d’un revers de la main cet argument d’une bassesse confondante.

On sacrifierait donc, sur l’autel de la dictature du résultat, une molécule de trans-platine pour promouvoir à sa place le cis-platine – n’est-ce pas là une nouvelle et honteuse manifestation de l’oppression patriarcale blanche matinée de souci de rentabilité capitaliste ?  La rémission d’un patient atteint de cancer traité par cis-platine va en effet le conduire à reprendre rapidement une vie sociale consumériste, dictée par les normes occidentales qui ont tant fait de mal à l’humanité – alors que traiter un patient par trans-platine, avec son absence complète d’effet thérapeutique, se solderait par un décès rapide, et donc un arrêt définitif de tout réflexe consumériste.  Les données cliniques sont en effet formelles : un patient mort cesse rapidement de consommer et d’alimenter le matérialisme ambiant. L’avantage sociétal du trans-platine est donc double : on promeut une minorité honteusement opprimée d’une part et on affaiblit le système capitaliste d’autre part.

Il n’est donc que temps de réparer cette injustice de genre – que les pharmacologues et oncologues du monde entier fassent enfin repentance : développons, produisons et administrons désormais aux patients atteints de cancer non plus cet affreux cis-platine dominant, mais plutôt du trans-platine – certes totalement inefficace pharmacologiquement parlant, mais sociétalement bien plus équitable ! 

Références :

1. https://www.cancer.gov/about-cancer/treatment/research

2. https://www.societechimiquedefrance.fr/Cis-platine-Cie.html

3. L. Oliveira, et al.  Transplatin ineffectiveness against cancer from a molecular perspective: A single-molecule force-spectroscopy study Phys. Rev. E 101, 062412.

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