Motion du Conseil international de la langue française (CILF)

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Collectif

Tribune des observateurs

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Motion du Conseil international de la langue française (CILF)

L’Observatoire est destinataire du texte émanant du CILF concernant la critique de l’usage « dictatorial » du point médian. Le texte est signé du Président du CILF et de sa vice-présidente qui appuient « fermement » les prises de position de l’Académie française et de l’Académie royale de Belgique.

Constatant la dérive qui conduit à une imposition idéologique voire dictatoriale, le Conseil international de la langue française donne un avis sur ce qui est communément appelé, à tort, « écriture » inclusive.

En effet, il n’est pas question d’une écriture, c’est-à-dire d’une « manière de s’exprimer par écrit ». La langue française n’est pas sexiste. Le genre des noms de personnes n’est pas sexuel, mais grammatical (une vedette peut se dire d’un homme, un génie peut se dire d’une femme). De plus, actuellement, la question lexicale de la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, est largement résolue. La plupart de ces noms disposent d’une ou de plusieurs formes féminines attestées dans l’usage commun, avec des variantes locales propres aux francophones selon leur pays de résidence.

S’il n’est pas question d’une « écriture » inclusive, il ne s’agit pas vraiment non plus d’une « orthographe » inclusive. Le vocable « orthographe » désigne la « manière correcte d’écrire un mot ». Les graphies correctes des noms de métier, fonction, grade ou titre sont établies et enregistrées. L’écriture appelée improprement inclusive ne les modifie pas.

De quoi est-il question finalement ? La façon nouvelle d’écrire les noms de métier, fonction, grade ou titre ainsi que les mots qui les accompagnent dans la phrase, comme les déterminants, les adjectifs et les participes passés, au moyen d’un point appelé « point médian », « point central » ou « point milieu », relève en fait de la typographie. Ce n’est pas une question d’écriture ni d’orthographe, c’est une question de typographie. Dès lors, selon les ouvrages de référence en la matière, il est conseillé de limiter autant que possible les abréviations. Dans le cas de la féminisation, le point médian doit être rejeté, comme les parenthèses. Dans la langue orale, il crée des segments inexistants en français et rend les formes imprononçables. Dans la langue écrite, il conduit à des amalgames (iels) qui gênent le lecteur et nuisent à la lecture linéaire essentielle à la compréhension d’un texte.

Fondamentalement, ce n’est pas le point médian qui aidera à lutter contre les graves discriminations sexistes, qu’il s’agisse de violences conjugales, de disparités salariales ou de phénomènes de harcèlement.

C’est pourquoi, les membres du Conseil international de la langue française se prononcent clairement contre l’usage de formes françaises contenant le signe typographique appelé point médian. Ils appuient fermement la prise de position de l’Académie française et de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Hubert JOLY

Président du

Michèle LENOBLE-PINSON

CILF Vice-présidente

Auteur

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