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L’Europe wokise la recherche

On relira sur ce sujet l’article de Marcel Kuntz.

L’Union européenne est une institution financière qui gère et pilote des programmes de recherches de toute l’Europe. L’Etat a depuis longtemps transféré à la noble institution la compétence d’orientation et de planification des domaines de recherche. Elle aligne des millions pour orienter et développer des secteurs sur la base de projets lus et évalués par des commissions dont c’est le métier de sélectionner les « bons projets » en fonction de « critères » communs.

On lira donc sur le site de la Commission européenne un document qui s’adresse aux chercheurs et institutions de Recherches. Ce document décrit les conditions que doit remplir un « bon projet » pour être éligible – et élu – à un financement européen:

https://ec.europa.eu/info/research-and-innovation/strategy/strategy-2020-2024/democracy-and-rights/gender-equality-research-and-innovation_en

Une fois que c’est fait, on écoutera benoîtement l’Europe nous expliquer ce qu’il faut faire, avec le visage d’une white-collar worker (en réalité Mariya Gabriel) :

On peut parier, comme l’écrit le collègue qui alerte sur la questions que « gender equality sera certainement complété par intersectionality, anti-racism, and actions against islamophobia, transphobia, etc.«  En quelques mots glissés de manière anodine, l’Europe sera parvenue à introduire et à faire des théories du genre et de la race l’un des éléments fondamentaux de la Recherche.


Voilà les conditions telles qu’il faut les lire (en français):

  • Établir un plan « gender equality » est un critère pour les institutions publiques, les établissements d’enseignement supérieur et les organisations de Recherche. Faites attention si votre projet est retenu que posséder un plan « Gender Equality » sera nécessaire avant la signature du contrat (à partir de 2022).
  • Les documents doivent être publiés sur les sites Web des institutions et signé par les Gestionnaires.
  • Le GEP (Plan Gender Equality) doit comporter
    • des Moyens sépcifiques: recrutement de ressources humaines et missions d’expertises pour les appliquer
    • de la collecte d’information et d’analyse: données ventilées par sexe/genre sur le personnel et les étudiants et rapports annuels basés sur des indicateurs.
    • Formation : sensibilisation/formations sur l’égalité des sexes et les préjugés sexistes inconscients pour le personnel et les décideurs.
  • Le GEP doit couvrir et traiter via des mesures et des objectifs concrets :
    • Équilibre vie privée-vie professionnelle et culture organisationnelle.
    • L’équilibre entre les sexes dans le leadership et la prise de décision.
    • Égalité des genres dans le recrutement et la progression de carrière
    • Intégration de la dimension de genre dans les contenus de recherche et d’enseignement.
    • Mesures contre la violence basée sur le genre, y compris le harcèlement sexuel.

Comme l’avait auparavant montré Bernard Rougier dans un excellent article paru dans Le Point, le transfert de la compétence de financement de la Recherche de l’Etat à l’Europe est finalement devenu un transfert de pilotage des orientations de la Recherche sur le long terme. L’Europe pilote donc d’une main fer dans une direction très nettement déterminée.

Dans le document répertoire des décisions et des orientations de la commission européenne « pour la société inclusive » que l’on pourra lire ici, on trouve déjà des préconisations intéressantes, notamment:

HORIZON-CL2-2022-TRANSFORMATIONS-01-05: Gender and social, economic and cultural empowerment (9,9 millions d’EUR): Consider how intersectionality of gender with, e.g., ethnicity, social origin, religion, disability, and sexual orientation impacts one’s position and rights in society and social hierarchy, as well as one’s life and career choices.

Les choses vont très vite désormais…

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