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Comment une notion islamiste entre au Journal Officiel: « islamophobie »

[par XLS]

Pour les islamistes, tout arabe est musulman de naissance : s’il se déclare athée ou pratique une autre religion que l’islam, il est donc réputé apostat et doit être puni en conséquence. Soucieux de trouver des appuis parmi les antiracistes, les Frères musulmans ont réussi à imposer l’idée que la critique de l’islamisme n’était que l’expression d’une haine xénophobes, en créant et diffusant la notion d’islamophobie : par ce biais, la critique de l’islamisme se réduirait à l’expression d’un racisme.

Avant 2015, on usait fréquemment de la formule bien connue : « le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie ». Puis à partir d’une certaine date, la xénophobie ne fait plus recette et le mot est remplacé par « islamophobie ». L’ancienne formule était bien implantée dans le discours politique; elle a donc simplement évolué jusqu’à se banaliser et faire oublier son origine islamiste. 

 En suivant les archives du Journal Officiel, on identifie les premières attestations de l’emploi du mot « islamophobie » dans les textes officiels et l’acception donnée d’emblée à ce mot.

1- 2004. — Il est intéressant de relever  la décision du 29 mai relative à l’attribution des emplacements d’affichage pour l’élection des représentants français au Parlement européen. On y voit un parti se présenter comme un « parti anti-islamophobie » — le nom est présent dans l’intitulé, voir le numéro 17 de la circonscription Île de France (LégiFrance). La chose est d’autant plus intéressante que la notion d’islamophobie émerge à peine cette date ! Or ce parti choisit d’emblée de déporter le combat politique au sein de la Commission européenne. 

De qui s’agit-il ? Ce curieux parti est créé en 2003 par Faouzia Zebdi-Ghorab. Il est la continuation de « Génération républicaine » créé en 1992 par Mustapha Lounes, Zinédine Sammari et Médjid Mouhoub. Il deviendra en 2006 « Résistance Citoyenne » — un parti peu fréquentable sauf pour le parti radical qui n’a pas manqué de « pactiser avec lui provoquant la colère de J.-L. Borloo » (LEst Républicain du 20 septembre 2013, p.3). 

Dans un article paru dans Le Monde du 29 novembre 2004, Tewfik Hakjem  décrit Faouzia Zebdi-Ghorab en ces termes :

« Sur ses affiches et sur ses tracts, elle pose avec le voile islamique. Candidate de l’Union française pour la cohésion nationale (UFCN), petit parti créé en juin 2003, Faouzia Zebdi-Ghorab a beaucoup fait parler d’elle à Mantes-la-Jolie durant la campagne pour l’élection législative partielle. « En distribuant les tracts, je n’ai pas eu une seule réflexion sur mon voile, déclare- t-elle. Dans nos quartiers, on vit très bien entre nous et avec nos différences, mais cette mixité n’est pas représentée au niveau des institutions privées ou publiques, on se bat contre ce dysfonctionnement. » Dans le tract qui la présente aux électeurs de la 8e circonscription des Yvelines, il est précisé : « Faouzia Zebdi-Ghorab est née à Nanterre, âgée de 43 ans, mariée, trois enfants, titulaire d’un DEUG de lettres modernes, d’un DEA en philosophie, on lui refuse le droit de travail car elle est musulmane et porte le foulard. »

En 2013, ce parti devient « Résistance Citoyenne », la cellule activiste de MM. Kiouas, Bouhmadou et Lounès (adjoint au maire de Belfort). On retrouve le même parti après les élections, lorsqu’il intente un recours contre l’administration qui avait invalidé ses bulletins imprimés car ils ne reprenaient pas le bon intitulé publié précédemment au JO.

2005. —  On retrouve dans les « Avis relatif à la mise en vente de publications officielles (des annonces de publications payantes de l’ADILA en somme) » un article signé d’Ingrid Ramberg intitulé: « l’islamophobie et ses conséquences pour les jeunes »[LégiFrance]. L’article est passionnant car il évoque une journée d’études organisée par le Conseil Consultatif pour la jeunesse à Budapest en Hongrie en collaboration avec la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance : 

« Le Conseil consultatif pour la jeunesse et la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance ont organisé conjointement un séminaire sur l’islamophobie et ses conséquences pour les jeunes. Celui-ci s’est déroulé au Centre européen de la jeunesse, à Budapest (Hongrie) du 1er au 6 juin 2004. L’islamophobie peut se définir comme la peur, ou une vision altérée par des préjugés, de l’islam, des musulmans et des questions liées à ce sujet, etc. »

La chose est amusante, car la Hongrie de 2005 – c’est la période des premières grandes manifestations à Tbilissi (en Géorgie) contre Soros. Les acteurs en présence nous sont connus : le Conseil Consultatif pour la jeunesse, c’est ce conseil aujourd’hui dirigé sur proposition du Président de la République par Omar Didi — par ailleurs président de l’association Le Mag+, une association en pleine dérive qui organise des journées en non mixité raciale et non genrée. Quant à l’autre commission, l’ECRI (Commission européenne contre le racisme et l’intolérance), il s’agit d’une instance unique de suivi dans le domaine des droits de l’homme spécialisée dans les questions de lutte contre le racisme, la discrimination (au motif de la « race », de l’origine ethnique/nationale, de la couleur, de la nationalité, de la religion, de la langue, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre et des caractéristiques sexuelles), la xénophobie, l’antisémitisme et l’intolérance en Europe ; elle élabore des rapports et formule des recommandations aux États membres. Cette commission est présidée par la grecque Maria Marouda et l’on trouvera ici la liste de ses membres. La décision de créer l’ECRI est contenue dans la Déclaration de Vienne (1993) par le premier sommet. Le 13 juin 2002, le comité des ministres a adopté un nouveau statut pour l’ECRI et a ainsi confirmé son rôle d’instance indépendante. 

Dans le premier rapport remis cette année 2005 on trouve posées les bases du système stratégique de la pensée décoloniale avec notamment le développement d’une idée fausse « d’avenir », celle de « racisme culturel » (point 9 page 10), introduite ainsi : « la notion de culture paraît remplacer et jouer de plus souvent le rôle attribué à la race ». 

Ce douteux postulat a d’ailleurs amené l’ECRI à publier en 2009 une déclaration s’inquiétant de la votation suisse qui visait à l’introduire une nouvelle disposition constitutionnelle pour empêcher la construction de minarets. Cette initiative démocratique est vécue par l’ECRI comme « une initiative violant les droits de l’homme […] soumise à votation ». On s’étonnera ici de l’adoption par l’ECRI du vocabulaire suisse puisque « la votation » n’est pas un terme du droit européen. Et l’on s’étonnera également de voir assimilée la construction de minarets avec un droit humain. 

Toujours dans ce premier rapport de 2005, on relève aussi la définition de l’hostilité criminelle à l’égard des musulmans : « L’ECRI s’inquiète de l’intensification  du climat d’hostilité envers des personnes qui sont ou sont perçues comme musulmanes. Elle déplore les manifestations d’islamophobie ». 

2015. —En 2015, le JO fait place aux  travaux de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme). C’est à cette occasion précisément que l’on voit l’ancien triptyque de l’ECRI : « Les poussées de racisme, d’antisémitisme et xénophobie » devenir « Les poussées de racisme, d’antisémitisme et d’islamophobie. » Exit la xénophobie. 

Ce rapport suit d’un an le premier rapport sur l’islamophobie produit par feu le CCIF, cette organisation islamiste dissoute par le gouvernement.

2016. — Le 4 février, Jean-Jacques CANDELIER (député du PCF) fait parvenir une résolution pour créer la commission d’enquête sur les actes islamophobes pour « lutter contre l’islamophobie ». Cette proposition de résolution est consultable ici.

Voici comment elle est introduite : 

« L’année 2015 a été tragiquement marquée par deux attentats en date du 7 janvier puis du 13 novembre. Suite à ces deux drames, il a été constaté une croissance exponentielle des actes à caractère islamophobe ». 

Ce discours lénifiant suit précisément le canevas de l’ECRI qui déplorait dans son premier rapport de 2005 que le terrorisme (p. 8, point 5) « constitue un risque de racisme et de discrimination ». La proposition Candelier répond à l’inquiétude de la Commission européenne et la transpose en droit français en un article unique : « En application des articles 137 et suivants du Règlement, il est créé une commission d’enquête de trente membres visant à analyser le développement de l’islamophobie en France et de mettre en place les dispositions légales pour lutter contre les discours, les idées, les actes et les politiques islamophobes. »

À partir de ces éléments de langage, formulés et repris par  un petit nombre d’instances, l’ECRI, la CNCDH, l’Assemblée, on parvient à discerner les éléments qui ont abouti à l’illustration d’un courant de pensée islamiste dans l’opinion. Le JO en est hélas un excellent reflet. En effet, en dix ans, il passe de la simple mention légale du nom d’un parti islamiste à celle d’une commission d’enquête parlementaire.

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