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Lettre d’information du 9 novembre

Observatoire du décolonialisme et des Idéologies identitaires

Lettre d’information

9 novembre 2021

Chers amis,

L’actualité ne tarit pas et le développement des affaires liées aux théories du genre et de la race ne cessent de provoquer la même stupéfaction quotidienne; et la même série de réactions incrédules: “ça n’existe pas ! Et en plus, ce n’est pas un danger”. C’est une “prétendue idéologie woke” comme l’écrit Libération, qui n’a pas lu sans doute les trois cents articles du site ni le rapport que nous avons remis en octobre. Très récemment dans un article de l’Express, Michel Wieviorka expliquait même que « la menace woke serait grandement exagérée par des militants réactionnaires. » Que notre lecteur en juge…
Cette semaine, nous voulions attirer notamment l’attention de nos amis sur la situation de l’école. Nous ouvrons en effet sur notre site une rubrique consacrée à “l’école en danger”. Il y aurait, semble-t-il, matière à être vigilant.  


L’école : un lieu d’influences ?


« Nation apprenante »: faut-il débrancher Lumni ?
Lumni est l’offre de tous les acteurs de l’audiovisuel public (Arte, France Médias Monde, France Télévisions, INA, Radio France et TV5Monde) au service de l’éducation pour les élèves, les étudiants, les enseignants et les éducateurs.
Beaucoup de contenus woke ou douteux sont présents sur la plateforme qui a été conseillée à tous les élèves, de la maternelle au lycée, pendant le confinement. « Plateforme éducative » proposant de nombreuses ressources pédagogiques, https://www.lumni.fr/ arbore le label « Nation apprenante », c’est un service construit par le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Culture en partenariat avec les médias publics… Par exemple la vidéo « Sexotuto » sur « les orientations sexuelles », destinée aux élèves de 5e, et « déconseillée aux moins de 10 ans », mention qui incitera les plus jeunes à la visionner plutôt deux fois qu’une! Il faut écouter à partir de 3’57 le ton hyper-convaincu mais très peu naturel de l’animateur quand il dit: « C’est comme parfois au sein de notre propre famille, nos propres parents sont dans l’incompréhension, et ça devient tellement difficile de trouver quelqu’un de confiance à qui en parler. Heureusement que les associations LGBTQI+ existent! »… Tu m’étonnes!En CE2, il n’est pas trop tôt pour farcir le crâne des gosses avec l’écriture inclusive et les théories complotistes fumeuses d’Éliane Viennot sur l’histoire de la langue française: voici deux vidéos pour ce niveau « C’est quoi l’écriture inclusive?« mais aussi « Pourquoi le masculin l’emporte sur le féminin?«  etc, etc.
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Quand l’école invite à évoquer le temps heureux des madrasas de la « tradition scolaire algérienne précoloniale »

130 ans avant la création du pays… 
Dans notre série CANOPE (ex CNDP) est une mine: on y trouve ce dossier proposé aux enseignants sur l’Algérie.

Le dossier présente une évocation de l’école algérienne d’avant la colonisation ruinée par « la puissance coloniale ». On y voit enfin la « responsabilité » de la France dans la fuite des élites algériennes persécutées, provoquant encore la ruine d’un pays :

L’autre profond bouleversement apporté par la colonisation concerne le fonctionnement scolaire et religieux traditionnel. Le financement des écoles coraniques (niveau primaire, où l’on apprend à lire, à réciter le Coran et à écrire à partir de son contenu), des médersas ou madrasas (que l’on peut comparer à nos lycées actuels) et des mosquées, assuré jusqu’alors par les biens dits habous (dont l’usufruit est consacré à une institution religieuse ou d’utilité publique), est suspendu. Ces lieux fondamentaux dans le fonctionnement de la société traditionnelle s’appauvrissent donc, de même que les zaouias, confréries regroupant une école, un couvent et une auberge autour du tombeau d’un personnage sacré de l’islam dont elles portent le nom. Des écoles françaises remplacent progressivement les écoles coraniques, zaouias et médersas. Cet impact de la colonisation provoque la fuite des élites musulmanes vers le Proche-Orient, et donc un appauvrissement culturel en Algérie. »
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Quand l’école invite à « déconstruire la parenté » !

Canopé, anciennement « Centre national de documentation pédagogique », est un établissement public à caractère administratif qui dépend du ministère de l’Éducation nationale et édite des ressources pédagogiques.

En septembre 2020, Canopé édite à l’intention des classes de Terminale un dossier d’Histoire des arts intitulé « Arts et émancipation » [téléchargeable ici: https://www.reseau-canope.fr/fileadmin/user_upload/Projets/arts_et_emancipation/ArtsEtEmancipation_gratuitImprimable_sept_2020.pdf], dont l’avant-propos est rédigé par un inspecteur général. La première section, intitulée « Émancipation familiale » (p. 5-11), présente des « œuvres » qui visent à « déconstruire la parenté »: https://www.reseau-canope.fr/arts-et-emancipation/emancipation-familiale/presentation.html

Et si l’on se demande quels sont les moyens de cette émancipation, et vers quoi elle mène, il suffit de consulter la section « Interroger les usages faits du corps féminin » (p. 6-7) dans le chapitre « Émancipation familiale ». C’est la pornographie et la prostitution qui y sont présentées comme des outils permettant ­ de « déconstruire [des fantasmes] par des tactiques de détournement pour renverser le male gaze (ou regard masculin) »: »Prostitution », conçue avec COUM Transmissions (ICA, Londres, 19-26 octobre 1976), atteste de cette démarche dans le monde de l’art contemporain de l’époque. L’initiative radicale de Cosey Fanni Tutti propose ici une libération des corps, qui trouve son origine dans une relation parentale conflictuelle, source d’une émancipation familiale traversant diverses pratiques artistiques.
Il s’avère que COUM Transmissions était une troupe d’art performance incluant aussi bien des éléments intellectuels que criminels. L’organisation était notamment fascinée par le totalitarisme, la pornographie et les tueurs en série (Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/COUM_Transmissions). Voilà la « libération des corps » à laquelle Canopé invite les élèves de Terminale.
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ÉDUCATION ET LGBTI+ Propositions d’activités pédagogiques pour le collège

Comment doit s’y prendre le professeur de collège qui souhaiterait faire « connaître les préfixes d’origine grecque ou latine et en comprendre l’importance dans le vocabulaire français »? Eh bien en soumettant à ses élèves l’exercice suivant, pardi:

Recherche l’étymologie et la signification des préfixes « hétéro », « homo », « trans », « cis », « inter » et « bi ».Cet exemple est le premier exercice que donne la brochure « ÉDUCATION ET LGBTI+ Propositions d’activités pédagogiques pour le collège », publiée en 2020 par le MUNAÉ sous l’égide de CANOPÉ (c’est à dire qu’il s’agit d’un document émanant des services du Ministère de l’Éducation nationale). Ce document accompagne une exposition itinérante « Éducation et LGBTI+« , financée par la DILCRAH, élaborée par le Musée national de l’Éducation (MUNAÉ) en partenariat avec le Centre LGBTI Normandie , le Refuge et l’association Laisse Bien Ta Gaiété (LBTG) qui « espèr[e] que cette expo participera à éveiller les consciences et à ouvrir les esprits » (http://laissebientagaiete.e-monsite.com/blog/education-et-lgbti-un-peu-d-histoire-pour-lutter-contre-les-discriminations.html). L’exposition est présentée dans les établissements secondaires à l’occasion d’actions de formation et de médiation menées par le Centre LGBTI Normandie et le MUNAÉ.

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Posthumanisme et éducation: dérive sectaire à l’UNESCO?

Dans un document consacré à « l’approche posthumaniste » de l’enseignement, la Commission canadienne pour l’Unesco n’hésite pas à s’inspirer de Rudolf Steiner et Waldorf (cités en note 4) pour déconstruire la pédagogie et promouvoir son remplacement par « des modes de connaissance holistiques ancestraux et autochtones » et par « une pensée systémique holistique »! Sont particulièrement ciblés l’enseignement des œuvres et des disciplines.

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Les études…
Marxisme-léninisme et Gender Studies (3) : une différence
Marxisme-léninisme et théories gender fonctionnent donc de la même manière : sous prétexte d’analyser un « système de domination », on se désigne en fait un bouc émissaire (le bourgeois, le mâle), un Ennemi tout-puissant et dont l’influence pernicieuse s’exerce partout, même dans les sciences et les arts.
Cette rhétorique complotiste permet de mobiliser facilement des grandes masses de sympathisants sans culture politique sous la direction de quelques militants professionnels, comme le préconise Lénine dès 1902. Elle donnera l’avantage aux bolcheviks en 1917 : au lieu de perdre du temps dans des controverses entre intellectuels, ils se focaliseront sur une propagande simpliste mais efficace, dénonçant l’avide Capitaliste au chapeau haut-de-forme, ou le cruel Empereur « buveur de sang ».
Après la Révolution, l’Ennemi changera régulièrement : impérialistes, trotskistes, espions japonais, médecins juifs… mais avec toujours le même mythe du Complot à combattre.
Et cette technique de mobilisation sera reprise par le nouveau féminisme gender des années 70. Cette fois, c’est l’« homme cisgenre hétérosexuel » qui est sur la sellette : en dépit des prétextes « structurels », c’est encore des personnes bien réelles qu’on attaque, et des idéologies qu’on essaie de faire passer pour des sciences.
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« Masculinité toxique » : pléonasme ou métaphore d’une mise à mort ?

Ce syntagme, lorsqu’on le recherche sur Google donne 129000 résultats pour le pire et pour le meilleur. Le premier article qui sort est celui du magazine pour femmes Grazia. Le journal propose un article sur la « masculinité toxique » en prétendant expliquer comment ce concept « gâche la vie des femmes, mais aussi des hommes ».

Définie comme «la constellation de traits masculins socialement régressifs au service de la domination, de la dévaluation des femmes, de l’homophobie et de la violence gratuite » » la référence à Une étude (il y a toujours une étude ou des études pour inspirer le bêtisier contemporain), la masculinité toxique dériverait des travaux d’un ….homme, ce qui érige immédiatement  le syntagme en concept indiscutable.

Bah, oui, on a compris que quand c’est un homme qui dit que les hommes sont toxiques, et quand c’est un juif qui dit que les sionistes sont des nazis et que c’est une femme vous dit que les femmes sont dominées  par l’hétérocispatriarcat blanc que c’est forcément vrai.

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En conclusion,
nous ne pouvons que vous inviter à nous suivre et à diffuser autour de vous le travail du Decolobs. Merci pour votre soutien à notre fragile action ! N’hésitez pas à relayer notre lettre, ni à nous contacter si toutefois vous souhaitiez nous alerter.
Vaillamment,
L’équipe de l’Observatoire

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